Littérature

Les nuits de la bête de Max Clanet : oubliable

Il suffit parfois d’une simple thématique pour se laisser influencer quant au choix de notre lecture. Ce fût le cas ici avec le roman de Max Clanet, Les nuits de la bête, publié aux Éditions LBS et qui aborde le sujet du sataniste sous le prisme de la secte et de ses dérives. Un sujet qui aurait pu être passionnant, mais qui n’a pas su me transporter et qui aura rendu ce roman oubliable. 

La 4eme de couverture

Dans la ville endormie, des femmes sont assassinées dans un crescendo de violence, de fureur et de sang. Ces crimes abjects provoquent un vent de panique dans la population. La justice patauge, les habitants se terrent chez eux. Nathalie Coldert, jeune profiler spécialisée en criminologie, est appelée par les forces de police pour tenter de cerner ce tueur qui terrorise la cité. Elle se lance alors à la poursuite de pratiquants de messes noires et de rites sataniques, aidée par les autorités religieuses ainsi que par les services spéciaux qui envisagent de possibles agissements de groupes terroristes. Au terme d’une course haletante au cours de laquelle elle sera confrontée au danger et à la mort, elle va découvrir la vérité dans toute son horreur.

Les nuits de la bête : oubliable

Vous l’aurez compris avec ce préambule, mais Les nuits de la bête et moi, ça ne l’a pas fait du tout. Pourtant, il y avait assez de matières pour me tenir en haleine sur cette enquête particulièrement violente. En effet, Max Clanet nous emporte dans une ville de Marseille où règne la psychose suite aux multiples féminicides d’une violence sans nom survenues dans la cité phocéenne. Les attaques s’enchaînent, le mystère plane et le romancier joue avec différents points de vue pour nous faire entrer pleinement dans cette enquête. On sent que l’auteur souhaite nous inclure dans la boucle, tout en nous rendant particulièrement omniscients en nous faisant vivre les attaques de façon frontale. 

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Les premiers chapitres avaient de quoi être saisissant pour le lecteur, mais les ennuis débutent par la suite, faute, selon moi, à un sérieux problème de rythme, parfois d’incohérence dans le récit et à des dialogues qui empêchent réellement d’y croire et d’avoir cette impression tenace d’être dans un vieux polar.
Qu’on se le dise, le rythme est une chose très importante dans un récit. Celui-ci permet à l’écrivain de capter l’attention de son lecteur, de donner une certaine dynamique à son ensemble et de jouer sur un stress quasi-permanent. Autant dire que Les nuits de la bête pêche sur ce point, selon moi, tant Max Clanet s’évertue à enchaîner les chapitres d’une trentaine de pages, tout en multipliant les différents points de vue. Cela donne un effet d’étirement, qui à la longue donne cette impression de tourner en rond pour pas grand chose au final. Le récit aurait gagné en efficacité après avoir coupé de nombreux passages répétitifs et n’apportant rien au récit.

Si Les nuits de la bête ne m’a pas transporté outre mesure, c’est aussi principalement à cause du ton global qui est utilisé dans le récit. L’ensemble du roman semble trop scolaire, si bien que le romancier se lance dans une explication entre Dan Brown et Wikipédia pour nous expliquer la vision du groupe sataniste. On en revient encore à la même chose, mais tout cela empêche le rythme de prendre son envol et de nous immerger corps et âme dans une enquête qui aurait pu être spectaculaire. 


En bref, Les nuits de la bête de Max Clanet aurait pu être un roman noir de qualité si seulement le roman avait été mieux découpé. Le rythme n’est pas là, l’ambiance tombe à plat et ce n’est pas le côté trop scolaire dans l’écriture qui pourra transporter le lecteur jusqu’au bout de la nuit…


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