Cinéma

[CRITIQUE]: Survivance de Jeff Lieberman (1981)

Si les années 60 et 70 voient l’arrivée de films de genre culte, c’est bien les années 80 qui marquent un tournant dans les productions de films d’horreur. Véritable mine d’or pour le genre, cette décennie installe le slasher au rang de maître incontesté. Il faut dire qu’il y a eu deux fers de lance du mouvement (Hallowenn et Vendredi 13) et que ceux-ci ont ouvert la boîte de Pandore et surtout l’occasion rêvée de faire un max d’argent pour les producteurs… 

Survivance de Jeff Lieberman s’inscrit parfaitement dans cette mouvance, tout en essayant de se démarquer comme il peut. Retour sur un long-métrage qui mériterait d’être un peu plus connu, bien qu’il ne soit pas exempt de défauts. 

Cinq amis, Warren, Constance, Jonathan, Megan et Daniel, ont décidé de passer le week-end dans une réserve nationale, en Oregon. Alors qu’ils s’enfoncent dans la montagne, isolés de tout, ils font la connaissance du garde forestier, Roy McLean, et d’autochtones plutôt bizarres. Tous leur déconseillent de s’aventurer plus avant, mais les jeunes gens restent sur leur idée de camping sauvage. Au coeur de sublimes paysages, un tueur les attend…

“Promenons-nous dans les bois, pendant que…”

Survivance est indéniablement un film de son époque. En s’inspirant fortement de Massacre à la tronçonneuse et de Délivrance, Jeff Lieberman fait le choix de nous offrir un long-métrage à la fois convenu et assez particulier dans sa forme. Tout commence de la meilleure des façons, puisque l’on retrouve deux personnages (l’oncle et son neveu) dans une église délabrée perdue en pleine forêt. Les deux gus font leur petite affaire, sans vraiment comprendre ce qu’il trafique, jusqu’à ce qu’un étrange individu les observe depuis le toit de la bâtisse. Le ton est donné avec ce côté voyeuriste et malsain. La suite est classique, le “monstre” débarque à l’intérieur avec un rire inquiétant et s’occupe de la première victime. Je vous assure que vous aurez vraiment mal pour lui, sans que cela soit forcément gore…

La suite est assez classique. Des jeunes débarquent en camping-car, s’enfoncent dans cette forêt dense histoire de faire un petit week-end au grand air. Tout est là pour nous montrer que l’on est dans le slasher/survival de base, puisqu’il vont tomber sur la figure du vieux fou, alcoolique qui leur somme de ne pas y aller, sous peine d’être tué par le diable en personne…
Jeff Lieberman joue donc déjà délibérément avec ces codes, afin de mieux nous surprendre par la suite. C’est avec sa mise en scène, jugée mauvaise à l’époque par manque de moyens, que Survivance offre bien plus. En s’inspirant de Délivrance et de Massacre à la tronçonneuse, le réalisateur joue sur ses cadres naturels et son côté reportage réaliste pour nous enfoncer dans une nature qui devient peu à peu hostile. On sait très bien que les jeunes s’enfoncent dans la gueule du loup, que celui-ci peut attaquer à tout moment et c’est donc cette tension qui fonctionne à chaque instant. Pourtant, on ne peut pas dire que le cinéaste joue sur son rythme pour nous prendre, bien au contraire. Il faudra attendre une quarantaine de minutes avant que le massacre débute et ce, de manière assez automatique malheureusement…

Survivance brille par cet aspect naturaliste qui apporte un côté inquiétant, sans pour autant réussir à atteindre la cheville de ses prédécesseurs. Cependant, Jeff Lieberman apporte un aspect survival entre cette nature hostile et l’Homme moderne et citadin, tout en gardant les stéréotypes des personnages du slasher. On retrouve ainsi deux couples et la chandelle qui passent leur soirée à boire, se faire peur et à explorer les environs. Sauf que le cinéaste va renverser un peu les archétypes de ce sous-genre en permettant à son personnage féminin de se démarquer et de tenter de survivre, tandis que le beau mal musclé devient une véritable lavette face à ce massacre (pourrait-on le considérer comme le premier “Scream King” ?)
À vrai dire, je suis bien embêté avec ce Survivance. Vous aurez compris qu’il y a de bonnes choses et encore, j’ai fait le choix de ne pas parler d’un des twist, mais il y a aussi quelques soucis qui peuvent gâcher le visionnage. L’un des plus importants pour moi, c’est sans doute le manque de soin apporté à son ambiance, car celui-ci mérite réellement d’avoir quelque chose de putride, de lourd, afin d’apporter une angoisse bien plus conséquente… Bon, je chipote sûrement un peu, car Survivance mérite clairement le coup d’œil et peut-être même un remaster en terme de qualité visuelle.

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