Coup de coeur

Le dieu caché de J.F. Dubeau : Nouvelle voix de l’horreur

Le genre horrifique, dans la littérature, est assez souvent mal vu par les grands lecteurs de ce monde. Souvent décrié, conspué et snobé, l’horreur a du mal à dépasser le stade de lecture divertissante pour le commun des mortels. Difficile de trouver de la littérature horrifique dans les rangées des libraires, puisque certaines collections emblématiques ont fini par disparaître (Collection Gore, tu me manques). Pourtant, certains auteurs réussissent à se créer une carrière hors norme, comme Stephen King par exemple.

Mais le genre horrifique voit de nouvelles figures arriver dans le paysage littéraire. Je pourrais citer Paul Clément qui nous a offert deux beaux romans de zombies, J.R. Kobencröft qui surfe sur une vibe 80’s-90’s, Daryl Delight qui nous plonge dans l’horreur humaine la plus crasse avec génie ou encore Adam Nevill qui commence à se faire un beau nom dans le milieu et surtout Shaun Hamill avec son premier roman Une cosmologie de monstres

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un futur grand nom du genre horrifique (j’en mets ma main à couper) avec Le Dieu Caché de J.F. Dubeau publié aux Éditions Bragelonne

La 4eme de couverture

En apparence, Saint-Ferdinand présente tous les signes d’un village tranquille : une rue principale depuis laquelle s’étend un paysage de fermes, un poste de police modeste, quelques restaurants et cafés, une épicerie… mais à mieux y regarder, on trouve là-bas quelque chose d’inhabituel : ce cimetière beaucoup trop grand et trop bien rempli, pour une communauté de cette taille. Il accueille les victimes du tueur de Saint-Ferdinand, insaisissable depuis près de deux décennies. Un homme enfin est arrêté… mais le village s’avère être la proie de forces encore plus sombres.

Quand un mal sans nom se révèle à Venus McKenzie, une adolescente du coin, elle découvre que le pouvoir de cette créature est lié de longue date à Saint-Ferdinand… et que les meurtres en série ne font qu’effleurer la surface d’un passé chargé de funestes secrets.

Le dieu caché :
Nouvelle voix de l’horreur

Autant vous le dire de suite, Le dieu caché me faisait un peu peur. Il faut dire que la maison d’édition a mis les pieds dans le plat avec un beau bandeau “Entre Stephen King et Stranger Things !”. C’est le meilleur moyen pour créer des attentes qui pourraient ne pas être atteintes, entraînant ainsi une déception monumentale ou bien de complètement refroidir les lecteurs qui n’apprécient pas du tout King, ni Stranger Things. Bref, c’est entre fascination et répulsion que je me suis lancé dans cette lecture et autant vous dire que ce bandeau ne reflète qu’une toute petite partie de la vérité.
L’histoire s’ouvre en 1873 dans une province de Québec et déjà J.F. Dubeau surprend par ce choix qui permet de plonger dans une époque qui nous est inconnu. L’auteur plante un premier décor, celui de quelques adolescents qui s’ennuient et qui décident de partir explorer le coeur de la forêt. S’en suit la découverte d’une grotte et d’un être surnaturel, d’un dieu de haine et de mort. En quelques pages, le romancier nous apporte ce que sera l’histoire, celle d’enfant ayant joué avec un être divin qui ne supporte pas les tricheurs. Ce qu’il veut, c’est pactiser avec l’humain en échange d’un voeux. On se doute de ce qu’il va se passer par la suite, mais difficile de voir comment l’auteur va s’y prendre pour jouer avec nos nerfs.

Le dieu caché, c’est le parfait mélange entre une écriture fluide, bien que celle-ci puisse paraître dense par moment, très actuelle avec une façon de procéder qui remonte aux premières histoires d’horreur. Le style de l’auteur est propre, sans fioriture et n’hésite pas à nous offrir de belles descriptions, permettant ainsi de plonger véritablement dans son univers. La comparaison avec Stephen King se pose là, puisque J.F. Dubeau nous offre un village vivant où chaque protagoniste a le droit à sa propre psychologie, à sa propre vie, à son propre passé et à ses failles. Le village de Saint-Ferdinand paraît plus que réel et donc les événements qui s’y passent, aussi fantasques et fantastiques soient-ils, paraissent plausibles. 
L’auteur oscille avec perfection entre l’horreur atmosphérique et l’horreur organique, fait de sang, de chair décortiqué, de corps démembrés, de viscères exposées en pleine forêt. Le dieu caché devrait ravir tous les amateurs du genre, tant l’auteur montre l’étendu de son savoir faire et de ses connaissances en terme d’horreur pure et dur. Entre dégoût à certains moments et fascination à d’autres, J.F. Dubeau nous entraîne dans une aventure fantastique, riche en thématique et en événements. Comme je le disais, le roman est aussi actuel dans son écriture, qu’ancien dans certains moments, c’est ainsi que l’on va suivre une enquête policière tout ce qu’il y a de plus classique autour de meurtres horribles, tout en ayant deux confréries en villes qui se battent autour de ce dieu caché. Entre le thriller et les incantations de magies noires, le roman offre le meilleur des deux pour un résultat explosif !

Stranger Things ? Stephen King ? Un peu mon capitaine. On a déjà pu voir que le romancier faisait vivre son village comme le maître, qu’il mélangeait avec finesse le quotidien avec le surnaturel, mais je ne vous ai pas encore dit qu’il mettait surtout en scène une bande d’adolescents qui cherche à connaître la vérité et à vaincre ce dieu de haine et de mort. C’est aussi ce choix qui permet à l’auteur d’avoir une écriture actuelle et qui pourra permettre au plus grand nombre d’entrer dans cet univers. Attention, personnages d’adolescents ne veut pas dire roman facile et J.F. Dubeau réussit à ne pas tomber dans ce piège en nous proposant des jeunes gens aussi fragiles, que forts et qui n’hésitent pas à prendre des risques pour aller à l’encontre des adultes. Le dieu caché se rapproche donc de ces oeuvres, mais on peut également y déceler une certaine familiarité avec les oeuvres de H.P. Lovecraft, surtout dans sa représentation du Divin qui est difficilement descriptible.
Une nouvelle voix de l’horreur ? Et bien oui, parce que ce roman ce n’est pas qu’une histoire de divinité qui se venge de l’Homme et qui veut tuer la totalité de Saint-Ferdinand dans un bain de sang mémorable, mais c’est bien une oeuvre horrifique qui va au-delà de ses effets. Le dieu caché, c’est une jeunesse qui est obligée de grandir plus vite, afin de réparer les erreurs faites par les anciennes générations. C’est également une vision de l’Homme qui cherchera toujours à essayer de contrôler ce qu’il ne devrait pas, histoire de devenir lui-même un dieu. Ce sont toutes ses thématiques qui font de J.F. Dubeau une nouvelle voix de l’horreur. 


Voilà, je pense que vous l’aurez compris. Le dieu caché est une merveille du genre horrifique. Naviguant entre les styles pour apporter le meilleur, pour nous offrir un divertissement à la fois gore, dramatique et intelligent. Je ne le vous dirais pas assez, mais il faut découvrir ce roman, cet auteur et soutenir ce genre d’oeuvres. N’hésitez pas à le commander chez votre libraire au plus vite. 

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5 réponses »

  1. Merci beaucoup d’avoir présenté ce roman.
    C’est vrai que l’horreur n’est pas un genre très réputé mais on trouve pourtant vraiment de superbes œuvres.
    Je me note celui ci du coup.

    Aimé par 1 personne

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