Morsures de Maxime Chattam : mon avis sur ce thriller en eaux troubles

Il y a des auteurs que l’on suit depuis si longtemps qu’on continue de leur laisser une chance, même quand l’étincelle des débuts semble s’être éteinte. Maxime Chattam fait partie de ceux-là pour moi. Avec Morsures, publié aux Éditions Albin Michel, il nous emmène sur la côte bretonne, où un grand requin blanc rôde au large d’une station balnéaire. Entre hommage aux Dents de la mer et clin d’œil aux Goonies, le point de départ avait tout pour me séduire. Reste à savoir si cette nouvelle plongée a réveillé mon envie de le retrouver.

La 4ème de couverture :

Une paisible station balnéaire bretonne
Un grand requin blanc qui sème la panique.
Des ados fascinés par un vieux grimoire ésotérique.
Et un enquêteur isolé qui refuse de croire aux évidences…

Avec ce thriller haletant sur fond de biologie marine et de légendes, hommage aux Dents de la mer et à l’esprit d’aventure des Goonies, Maxime Chattam harponne le lecteur et continue de nous surprendre.

Un début prometteur sur la côte bretonne

Pourtant, ça partait plutôt bien. Maxime Chattam nous embarque directement dans le vif du sujet avec la découverte d’un corps, puis d’un autre. Les détails macabres sont présents, bien qu’atténués par rapport à ses premières œuvres, et l’envie d’en savoir plus se fait ressentir. D’autant que l’ombre d’un requin plane sur cette côte bretonne… L’idée est bonne, particulière, et on comprend vite que l’auteur ne souhaite pas copier Les Dents de la mer, mais bien apporter une nouvelle vision de cette figure mythique de l’épouvante.

Un rythme qui ne prend jamais

Mais très vite, le soufflé retombe. Faute à un rythme qui ne prend jamais et qui ne nous pousse absolument pas à y revenir, à tourner les pages avec acharnement. Morsures est le genre de roman qui prend son temps, peut-être un peu trop à mon goût. L’enquête principale ne commence réellement à bouger qu’au milieu du récit. En attendant, Maxime Chattam nous décrit les paysages, la nature sauvage de la Bretagne, la puissance de la mer, tout en philosophant sur la place de l’homme dans l’échiquier qu’est la planète Terre. Si les premiers instants sont intéressants, le reste donne l’impression de tourner en rond, et que l’auteur en fait trop pour transformer sa plume.

Couverture du roman 'Morsures' de Maxime Chattam, montrant un paysage côtier orageux avec des éclairs, des montagnes en arrière-plan et une silhouette mystérieuse émergeant de l'eau.

Des personnages qui restent en surface

Si le rythme est faiblard, il en est de même pour les personnages. Difficile de faire corps avec cet inspecteur de la gendarmerie mis au placard pour une raison mystérieuse que l’on découvrira par la suite. L’alchimie entre lui et le lecteur ne fonctionne pas, sans doute parce que l’on reste en surface.

C’est peut-être un poil mieux avec ce groupe d’adolescents en quête de frissons, bien qu’il nous rappelle encore une fois la bande des Goonies ou celle du Club des Ratés de Stephen King. Rien de bien nouveau, mais Maxime Chattam réussit tout de même à intégrer les maux de notre société moderne dans ces quelques jeunes marginaux.

Et s’il y a bien un aspect que je n’avais pas apprécié dans le précédent roman, et que je retrouve ici, c’est cette thématique du couple qui se déchire, de la tromperie au sein d’une relation et de la place des enfants dans cette crise. On sent que le romancier nous parle de sa vie privée, de sa propre séparation, mais je ne viens pas lire ce genre de roman pour retrouver les états d’âme d’un auteur…

Le requin, la Bretagne et la monstruosité humaine

Morsures est l’occasion pour l’auteur de déclarer son amour pour cette région faite de mythes et de légendes, terreau parfait pour sa passion de la noirceur, du fantastique et de l’occultisme. Il se donne aussi la possibilité de nous parler du requin, prédateur par excellence, et des a priori que l’on a sur lui. On sent que Maxime Chattam s’est longuement documenté et qu’il nous en propose une synthèse. J’ai en tout cas appris de nombreuses choses, et je n’aurai plus peur de me baigner dans la Manche. Le parallèle est également fait avec la monstruosité de l’Homme et sa barbarie, un élément thématique plus qu’intéressant, qui se démarque du reste.

En bref, Morsures de Maxime Chattam est loin d’être une réussite

Vous l’aurez compris, Morsures de Maxime Chattam est loin d’être une réussite à mes yeux. Faute à un rythme qui ne prend jamais, à des personnages qui n’arrivent pas à nous embarquer, et à des thématiques et références que l’on a déjà lues chez lui. Bien évidemment, le roman a des qualités et il se pourrait que vous y trouviez votre compte. En tout cas, c’est sans doute la dernière fois que je me précipite sur un roman de l’auteur, à moins qu’il revienne à du roman policier qui secoue et qui tâche un peu.

Pourquoi lire Morsures de Maxime Chattam ?

  • Si vous aimez les romans qui prennent le temps de poser leur décor et leur atmosphère
  • Si le requin blanc et la biologie marine vous intriguent (la documentation est vraiment riche)
  • Si vous appréciez l’univers de légendes et de mythes de la Bretagne
  • Si vous cherchez avant tout une lecture inspirée des Dents de la mer et des Goonies, plus qu’un thriller qui secoue

Fiche technique du livre

  • Titre : Morsures
  • Auteur : Maxime Chattam
  • Éditeur : Albin Michel
  • Genre : Thriller policier

3 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Avatar de laplumedelulu laplumedelulu dit :

    J’ai dû annuler et refaire ma commande au moins dix fois pour laisser tomber finalement. J’ai bien fait 🤭. Allez, au suivant. Merci pour le partage de la chronique 🙏 😘

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    1. Avatar de tomabooks tomabooks dit :

      Ah oui tu as bien fait d’hésiter et d’annuler. Il y a bien mieux à lire en ce moment 🤌

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      1. Avatar de laplumedelulu laplumedelulu dit :

        J’attends la sortie du dernier de Madame Giebel demain.

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