Contemporain

Le silence des repentis de Kimi Cunningham Grant : pépite !

Grand amateur de thrillers et de romans noirs, je dois bien admettre que j’ai mis un certain temps à m’intéresser au “Nature Writing” et pourtant, ce courant littéraire recèle de belles pépites de noirceurs. Autant vous dire que c’est le cas ici avec Le silence des repentis de Kimi Cunningham Grant publié aux Éditions Buchet-Chastel

La 4eme de couverture

Cooper et sa fille de 8 ans, Finch, vivent coupés du monde dans une cabane au nord des Appalaches depuis la mort de la mère de Finch. La petite fille a grandi au milieu des livres et de la forêt, et respecte les dures règles de la vie sauvage. En grandissant, elle cherche à repousser les limites de leur isolement, à s’aventurer plus loin en forêt et commence à s’interroger sur le monde extérieur. Mais Cooper est hanté par les démons qui l’ont poussé à s’installer dans cette cabane, un passé qui le ronge et qu’il ne peut en aucun cas partager avec sa fille.
Dans le silence de la forêt, leurs seuls compagnons sont un étrange « voisin » du nom de Scotland, dont l’omniprésence bienveillante ressemble curieusement à une menace, et Jake, un vieil ami de Cooper qui leur apporte des vivres à chaque hiver. Sauf que cette année, Jake ne vient pas. Ce refuge qui les abrite depuis des années sera-t-il leur sanctuaire ?

Le silence des repentis : pépite ! 

Si l’on se fie à la quatrième de couverture, on pourrait penser que Le silence des repentis s’apparente à un thriller, voire plus spécifiquement au thriller psychologique, et pourtant il n’en est rien. Parce que ce roman, écrit par Kimi Cunningham Grant, offre bien plus que ça. Au fil de cette lecture, on pourrait avoir l’envie de le comparer au merveilleux My Absolute Darling de Gabriel Tallent, bien que l’aspect survivalisme soit moindre dans celui-ci. Qu’on ne s’y trompe pas, Le silence des repentis s’apparente bien au style du “Nature Writing” et autant vous le dire tout de suite. C’est une merveille. 

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Dans ce roman, qui va vous happer et vous suivre durant de longues semaines, nous allons vivre le quotidien de Cooper et de sa petite fille Finch, résidant depuis plusieurs années dans une cabane en bois appartenant à Jake, ami fidèle de la famille qui vient, chaque année pour leur apporter leur ravitaillement. Sauf que celui-ci ne vient pas… S’en suit alors une véritable remise en question de ce mode de vie, ainsi que le réveil d’une certaine paranoïa chez Cooper.
Avec ce démarrage, somme toute classique, Kimi Cunningham Grant réussit parfaitement à nous mettre dans son ambiance, à appréhender certains éléments psychologiques de nos personnages, ainsi qu’à nous attacher immédiatement au duo père-fille. On découvre alors petit à petit ce qui a poussé cet homme à tout quitter pour vivre caché au fin fond d’une forêt, grâce à la plume accessible de son autrice et à sa manière de nous plonger corps et âme dans cette histoire. Celle-ci évoque avec force la jeunesse d’un jeune américain moyen, qui découvre l’amour et qui doit s’engager dans le conflit en Afghanistan, pour finir par être complètement lâché par un pays qui ne prend plus en compte les vétérans. 

Au-delà du postulat de base, c’est bien le jeu sur les émotions et sur la dramaturgie de la situation qui nous agrippe le cœur. Il est tout bonnement impossible de ne rien ressentir face au sacrifice de ce père en déroute pour sauver sa petite fille suite à un fâcheux accident. Cette relation fusionnelle entre les deux est magnifique, même avec la rébellion qui se réveille chez Finch, qui n’a rien connu d’autres que la forêt, les animaux et les recueils de poésie disponibles dans la cabane.
Le silence des repentis reste tout de même assez éloigné d’une noirceur que l’on aurait pu attendre d’un roman comme celui-ci et ce n’est pas plus mal finalement. Kimi Cunningham Grant joue avec notre affect comme personne et nous offre tout de même quelques belles séquences au suspense intenable dans cette forêt. On ressent la peur et la paranoïa de ce père, ainsi que l’envie irrépressible de cette petite fille d’en savoir plus sur le monde qui l’entoure. Nous sommes pris dans le tiraillement psychologique de ce père qui veut le meilleur pour sa petite fille, quitte à s’approcher du sacrifice… 


Je n’en dirais pas plus, Le silence des repentis est le genre de roman qu’on ne peut oublier, même après de nombreuses semaines. La romancière nous offre un magnifique drame humain qui nous happe entièrement de la première à la dernière ligne. Difficile alors de ne pas contenir sa petite larme dans les derniers instants, tant nous avons vécu cette aventure et ce traumatisme avec eux. Il ne me reste plus qu’à remercier Kimi Cunningham Grant pour ce merveilleux moment, plein de grâce et de noirceur. 


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5 réponses »

  1. Comment tu en parles, c’est magique. Merci à toi. Faut que je le trouve. Les Appalaches, ça me fait dresser les oreilles, et l’histoire également. 🙏😘

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  2. Je l’ai également appelé une pépite noire ♥️ un très beau roman noir, le côté nature writing n’est pas si prononcé et c’est justement ce parfait équilibre qui le rend si singulier ❤️

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