Littérature

L’île des chamanes de Kim Jay : un manque de rythme qui m’a perdu

Il y a, dans la vie de certains lecteurs, l’envie de découvrir toujours plus de choses. En tout cas, c’est mon cas. C’est pourquoi je me suis lancé dans la lecture de L’île aux chamanes de Kim Jay, car celui-ci me faisait la promesse de découvrir de nouvelles choses, comme la maison d’édition Matin Calme

La 4eme de couverture

KIM Seong-ho est un profileur réputé de Séoul chargé d’une enquête sur un cyber-harcèlement. Très vite, les suspects se retournent contre lui, piratent ses comptes et exposent publiquement sa vie.
Pour le sortir de ce piège, son chef lui confie une nouvelle enquête loin de Séoul, sur l’île de Sambo. Dans ce haut lieu du chamanisme, trois femmes ont disparu, probablement victimes d’un serial killer. Kim Seong-ho est accompagné par Yeo Do-yun, conservateur de musée, spécialiste du folklore et des rites chamaniques, notamment du ssitgim-gut de Sambo.
Le ssitgim-gut est littéralement :  » le rituel pour laver les sentiments d’amertume et de rancune éprouvés par le défunt ou la défunte au moment de son trépas « . Mais sur l’île, en ce mois de janvier, dans l’air glacial fouetté par la pluie et les vagues, les victimes ne sont pas encore prêtes au pardon.
De mystérieux conciliabules nocturnes ont lieu entre deux silhouettes, des chiots sont tués, une atmosphère de plus en plus lourde s’abat sur les épaules de Kim Song-ho qui commence à ressentir d’étranges maux de têtes à mesure que des souvenirs personnels viennent se mêler à son enquête…

L’île des chamanes : un manque de rythme qui m’a perdu

Comme je vous le disais en préambule, L’île des chamanes était la promesse d’une découverte. Celle d’un pays méconnu, celle d’une autre culture, mais aussi celle d’une autre vision du polar, voire du thriller. Je peux dores et déjà vous dire que les promesses du roman ont été tenues, bien que celles-ci ne m’aient pas particulièrement convaincu…
Pourtant, Kim Jay réussit d’emblée à me captiver en introduisant son personnage de la meilleure des façons. On entre directement dans le vif du sujet avec l’interrogatoire d’un adolescent qui nous permet de comprendre toute l’intelligence et la retenue de celui-ci. On découvre un esprit brillant, un enquêteur sûr de ses convictions et avec une éthique inébranlable. Si on ne saisit pas directement où l’autrice compte nous mener, on profite de ce cours magistral de psychologie.
C’est par la suite que L’île des chamanes m’a quelque peu laissé sur le bord de la route et je peux vous garantir que j’ai eu du mal à venir à bout de ce court roman. Alors attention, je ne dis pas que le roman est mauvais, loin de là même, mais simplement que le style narratif de l’autrice ne m’a pas plu du tout. Il faut dire que celle-ci décide de nous entraîner dans une enquête qui manque de mordant et d’intérêt à mon goût. 

C’est sans doute le style du polar coréen qui est comme ça, mais avant d’en faire une généralité je compte bien en découvrir d’autres. On aime ou on aime pas, mais Kim Jay joue sur les descriptions pour nous faire entrer pleinement dans cette histoire. Si celles-ci ne me gênent pas en temps normal (je n’ai rien contre les descriptions de paysages, de personnages ou autres), je dois bien admettre que l’autrice en fait trop et parfois pour rien. C’est cet aspect-ci qui m’a le moins plu et je dois dire que l’écriture m’a paru assez lourde dans l’ensemble, notamment lorsque l’autrice s’évertue à nous décrire la moindre action de ses personnages. Tout cela a fait que je suis sorti complètement du roman et donc de son intrigue.
Si tout cela ne m’a pas marqué outre mesure, ce n’est pas le cas du reste. Kim Jay nous plonge dans une Corée du Sud rurale, que l’on connaît encore moins par chez nous. On y découvre des rites ancestraux, des croyances et toute une partie de la population qui vivent en dehors des grandes villes. Dans L’île des chamanes, il est souvent question de ce clivage entre la capitale et les villages, de l’impression que le crime est bien plus présent là-bas -alors qu’il n’en est rien-, mais aussi de la vision différente que l’on se fait des progrès sociaux. Bref, Kim Jay nous dépeint un pays encore en proie aux différences entre modernité et conservatisme de manière intelligente.


Vous l’aurez compris, tout n’est pas à jeter pour moi dans ce roman de Kim Jay et je suis sûr qu’il pourra plaire à certains d’entre vous. Si le rythme m’a quelque peu refroidi, L’île des chamanes reste un polar intéressant à découvrir, notamment si vous êtes féru de nouvelles découvertes. 

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Pour vous procurer L’île des chamanes de Kim Jay, c’est par ici.

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