Cinéma

La Baie Sanglante de Mario Bava (1971)

Vous, ce que vous aimez, ce sont les tueries à coup de couteau ? Les attaques d’adolescents venus faire la fête ? En fait, votre truc, c’est le slasher ! J’ai ce qu’il vous faut en magasin avec La Baie Sanglante de Mario Bava

La Baie est un magnifique domaine, convoité par tous. La propriétaire, une vieille comtesse paralytique, refuse de vendre car elle ne veut pas le voir transformé en station balnéaire. Ventura, un architecte sans scrupule, met au point une machination criminelle pour s’emparer du site. Pendant ce temps, quatre jeunes gens entrent par effraction dans une villa du domaine, jusqu’à ce que l’une des filles découvre un cadavre flottant dans la Baie…

Imaginez un monde sans Halloween de Carpenter, sans Jason Voorhees, sans Ghostface ni Freddy Krueger ? Pour certains, ça ne changerait pas grand-chose, mais pour d’autres, ce serait une véritable hécatombe… Et si, je disais que le film du jour fait office de matrice d’un des sous-genres de l’horreur les plus reconnus et les plus appréciés du septième art ? La Baie Sanglante est clairement un ancêtre du slasher et Mario Bava nous offre quelque chose de pure, de plus brutal (bien que Carpenter mettra la barre haute quelques années plus tard). Sortie en 1971, La Baie Sanglante n’a pas pris une ride, et ce grâce au travail de qualité de son réalisateur. Que ce soit en terme d’esthétisme, de cadres et d’exploitation de la baie ou encore des effets pratiques. Ce long-métrage a tout du chef d’oeuvre avec sa photographie soignée. Celle-ci se démarque par le travail sur les différents contre-jours que permet le décor, ce qui apporte des plans lugubres de toute beauté. Mario Bava est un artiste et il va nous le montrer. 

La Baie Sanglante, c’est une compréhension des codes du genre, avant même que ceux-ci soient inventés. Le réalisateur joue avec plusieurs longues séquences mettant en exergue la sensation de stress et d’intensité. La pression est souvent forte et le coup de massue sera apporté par le travail sur la bande son de Stelvio Cipriani, qui jongle entre les genres pour nous apporter une sensation de poésie macabre des plus parfaites. Mario Bava fait preuve d’inventivité dans sa mise en scène et dans son découpage de son long-métrage, puisque deux genres vont se côtoyer pour n’en former plus qu’un. Le cinéaste n’a peur de rien et offre des scènes d’une violence rare et qui seront reprises dans le premier Vendredi 13. La boucle est bouclé, vous pouvez circuler. La Baie Sanglante marque les esprits par un savoir-faire incroyable, une efficacité redoutable et une vision misanthrope de la vie. Le réalisateur va jusqu’au bout de ces idées et vous surprendra même jusqu’à son tout dernier plan. Machiavélique ! 

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3 réponses »

  1. Variation Agatha Christique et chef d’œuvre du genre. Bava est un orfèvre de l’image, le Max Ophüls du Giallo et de l’épouvante. Je l’ai vu il y a fort longtemps et ton article m’invite à m’y risquer à nouveau.

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