Coup de coeur

Distorsion de J.R. Kobencröft : Horreur made in 80

Le genre de l’horreur renferme de nombreux talents et c’est toujours un régal d’en découvrir de nouveaux. C’est le cas aujourd’hui avec J.R. Kobencröft qui est venu gratter à ma porte et me fournir quelques frissons avec son roman directement lié à l’horreur des années 80. 

Retour sur Distorsion, une lecture que je n’oublierais pas de sitôt.

La 4eme de couverture

1993. Dans les sous-sols de Saline, ville semblable à tant d’autres, noyée sous la pluie, les dealers distribuent bien autre chose que de la dope. C’est du miracle en barre, qui s’installe en vous et vous métamorphose. Pour Alice et Thomas, grunges à la dérive, c’est tout le quotidien qui s’embrouille, à l’image des figures de ceux qui les entourent. Entraînés malgré eux dans une descente – une traque – au cœur même de leurs angoisses, ils devront faire face à ce mal qui les ronge tous.Lorsque le genre horreur-fantastique rencontre le grunge des années 90, il est inutile de s’attendre à des politesses. Ou à des nuits paisibles.

Distorsion : Horreur made in 80

L’ambiance. En voilà un aspect difficile à mettre en oeuvre que ce soit dans la littérature ou dans le cinéma. Celle-ci est encore plus difficile à définir et à capter dans le monde du fantastique et de l’horreur. Chaque année, on nous vend des romans à l’ambiance prenante… Ceux-ci font rêver sur le papier et on est vite déçu au final. Bien évidemment, l’ambiance est propre à chaque auteur, chaque situation et à chaque lecteur et/ou spectateur. Distorsion de J.R. Kobencröft fait parti de ces oeuvres qui arrivent immédiatement à planter un décor, une sensation, une atmosphère, une ambiance lourde, menaçante, électrique, bizarre. L’auteur nous plonge dans une toute petite ville de province des années 90 où l’ennuie se confond avec le mauvais temps perpétuel. Les ados sont désoeuvrés. Ils s’ennuient, accumulent les petits boulots pour s’en sortir, pour sortir de cette ville morose, de ce quotidien mortifère. L’horreur n’arrive pas tout de suite dans le récit, mais on peut dire qu’il est quand même déjà bien présent dans ces quelques pages. L’horreur d’un quotidien ennuyeux, gros, terne, sans espoir, sans véritables loisirs. 

J.R. Kobencröft nous invite à suivre une bande de jeunes adolescents qui se retrouvent chaque semaine, voire chaque soir pour prendre un peu de bon temps au skate-park. Alcool, drogue, premier amour et musique sont au programme. Inutile de le nier, on se retrouve assez facilement dans ce décor, même si nous n’avons pas vécu dans les années 90. La musique prend une part importante dans le récit, même si je ne vais pas vous en dévoiler la finalité. Cette musique rythme le récit et découpe les différentes parties de cette distorsion. Quel plaisir de voir le morceau Sober de Tool ou encore quelques références à d’autres choses plus obscures encore ou plus commercial. La musique, le grunge, le rock alternatif, le metal, c’est une partie de l’ADN de ce roman.
La seconde partie réside dans son travail sur le fantastique qui se mêle à l’horreur. Autant vous dire de suite que l’auteur en connaît un rayon et que l’on sent qu’il a été et est encore biberonné au cinéma et à la littérature de ce genre. Distorsion de J.R. Kobencröft transpire le cinéma fantastique de ces années de rêve, ne serait-ce qu’avec le côté gore et délirant d’un Sam Raimi. Mais il suinte également l’influence de Stephen King avec l’utilisation d’adolescent en proie à une force supérieur et qui réveille les plus bas-instincts de l’humain, mais aussi en terme de rythme. L’auteur sait prendre son temps pour faire monter la pression. Les scènes bizarres s’accumulent jusqu’à la longue explosion finale dans les entrailles d’un monde en perdition. 

Que dire de plus au sujet ? Tellement de choses, mais en même temps, je me restreins. Parce que Distorsion est un roman à découvrir sans en savoir trop, puisque l’auteur souhaite vous faire entrer dans sa danse, dans son ambiance et dans cette noirceur. Je peux vous dire que l’effet est garanti, puisqu’il est impossible de lâcher cette histoire en cours de route. Le mystère plane au-dessus de nous et on vient à se poser de nombreuses questions quant aux différents chemins que pourrait prendre ce roman. J.R. Kobencröft a tout ce qu’il faut pour offrir une suite, voire une saga à l’image de celle du bourbon Kid. C’est un beau mélange que nous offre l’auteur et j’ai clairement eu l’impression, par moment, de me promener dans un long-métrage de Lamberto Bava


Je ne vais pas vous en dire plus, histoire de ne pas vous gâcher la surprise de la découverte d’un auteur de talent. L’intensité d’un bon récit est présente. On s’attache aux personnages. On rit, on peut craindre certaines lumières. On s’immerge dans un univers angoissant (vous ne verrez plus les mannequins des grands magasins de la même façon) et on a du mal à en revenir. J.R. Kobencröft imagine un monde assez sombre avec brio. Rien est à jeter dans ce qu’il propose et c’est ce qui fait, pour moi, la force de ce roman. Bref, vous l’aurez compris, mais Distorsion est un roman qui devrait plaire aux amateurs de cinéma horrifique datant des années 80. Aussi généreux que perturbant, ce roman ne vous laissera pas tranquille. 

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