Vous cherchez un roman policier qui ne vous laissera pas indemne ? Avec Croque-mitaine, publié aux Éditions Magnus, Florent Marotta confirme sa place parmi les auteurs de thrillers français à suivre de très près. Entre une scène de crime sans cadavre à Lyon et une plongée dans les méandres du Dark Web, ce récit viscéral bouscule nos certitudes sur la justice. Découvrez pourquoi ce livre est une véritable claque du roman noir.
Le résumé :
Une scène de crime sans cadavre.Une flic à la mémoire qui vacille.Et un monstre qui rôde. Pour la capitaine Lucie Delavier, tout bascule dans un appartement lyonnais couvert de sang. Pas de victime, mais un message qui semble lui être adressé.Alors que son passé et son présent s’entrechoquent dans des visions de cauchemar, une preuve accablante surgit : elle semble liée au pire truand de la ville. Prise dans un engrenage de mises en scène barbares, Lucie doit affronter l’insoutenable : et si le tueur qu’elle traque était l’architecte de ses propres oublis. Plongez dans un labyrinthe de faux-semblants où l’horreur est la seule certitude.Dans l’ombre, le croque-mitaine attend.
Un roman policier impossible à lâcher
Avec Croque-mitaine, le romancier Florent Marotta débute en nous mettant dans la peau de son tueur et pose, ainsi, les bases de son ambiance. C’est simple, on est happé par ces premières lignes et par la noirceur qui se dégage de ces quelques pages. On lit, on s’imprègne et les mots coulent en nous comme du poison. Il est trop tard, l’écrivain nous a pris dans ses filets et on ne peut plus faire demi-tour. Surtout lorsque celui-ci termine son premier chapitre par ces quelques mots : “Il enjamba la mare de sang et sortit de l’appartement.”
La suite, c’est une inspectrice sous une pluie battante qui entend un cri et qui se rend dans un appartement avec cette drôle de sensation d’y être attirée, bien malgré elle. C’est là qu’elle découvre une scène de crime sans cadavre et surtout qu’elle se réveille quelques instants plus tard. Que s’est-il passé ? A-t-elle été attaquée ? Des questionnements que l’on pose immédiatement et qui finiront par devenir le terrain de jeu de Florent Marotta. Le romancier nous laisse alors dans le flou et fait piétiner son enquête de manière à ce que l’on accumule des indices, des preuves et que l’on commence à se faire une petite idée de la suite.
Avec le roman Croque-mitaine, on est pris dans un engrenage et il est tout bonnement impossible de lâcher ce roman policier. L’écrivain connaît les ficelles et nous propose des chapitres courts, intenses et qui donnent surtout envie d’aller toujours plus loin dans cette enquête. On sait que celle-ci ne va pas nous faire du bien, on le ressent et cela passe aussi par les descriptions du romancier. L’atmosphère semble lourde à chacune des pages et ce n’est pas le traitement qu’il fait de ses personnages qui nous fera penser à autre chose.
Parce que c’est également ici que le roman de Florent Marotta tire toute sa force. Celui-ci nous offre une vision assez sombre de la police, de sa compétition entre les services, de la fatigue qui s’accumule dans les équipes et de la politique qui prend de plus en plus de place dans les décisions. L’enquête ne semble plus se faire sur le terrain, mais dans des bureaux. À côté de tout ça, il y a le personnage de Lucie Delavier qui nous laisse perplexe quant à son implication dans cette série de meurtres. Croque-mitaine brouille les pistes et ne nous prépare pas à ce qu’il va arriver dans la deuxième partie du roman.

Vengeance et dénonciation
Une fois que certaines pièces du puzzle s’emboîtent, on commence à comprendre l’ampleur du sujet et de la noirceur de ce roman. On continue notre lecture avec cette sensation de lourdeur qui ne va pas partir et on sait, au fond de nous, que Florent Marotta va nous malmener. Difficile d’entrer dans les détails sans dévoiler le fond de l’histoire, bien que le titre laisse quelques indices. Il est question dans ce roman de parler de prédation, de certains groupes du dark web et de violences infligées à de jeunes enfants.
Dès lors, la plume du romancier devient plus tranchante, plus dure et celui-ci n’hésite pas à donner quelques détails dans certaines scènes. Il n’en fait pas trop, mais juste assez pour que les mots te pénètrent et te fassent ressentir toute la violence des Hommes. C’est noir, sans concession et ça devrait secouer pas mal de lecteurs. Pour la faire courte, certains passages m’ont fait penser au roman La cour des mirages de Benjamin Dierstein…
Mais derrière cette thématique qui peut secouer et choquer le lecteur, il y a une volonté de dénoncer une dérive et de s’appuyer sur certains faits réels pour alerter le lectorat. Cette noirceur existe et elle semble prendre de l’ampleur dans notre société et dans les plus hautes instances. On aurait pu crier à la théorie du complot il y a encore quelques années, mais la réalité des dernières affaires criminelles nous ont prouvé le contraire. Florent Marotta déroule son histoire, la noirceur de certaines scènes et nous plonge dans l’horreur d’un système de prédation bien rodé avec des personnes insoupçonnables à la tête du réseau.
Mais le romancier ne s’arrête pas à ça. Celui-ci profite de son roman et de sa thématique pour nous questionner, pour réveiller les consciences et pour faire en sorte que l’on finisse ce roman avec la rage au ventre. Il faut dire que le point culminant du roman de Florent Marotta nous retourne l’estomac et nous fait monter une certaine tension. On ressort de là complètement vidé et avec un amour de l’espèce humaine qui frôle le négatif. Et c’est à cet instant précis que le romancier active la carte de la vindicte populaire et la loi du talion. Ni une, ni deux, on plonge dedans et on comprend que l’on peut, à certains moments, laisser parler nos plus bas instincts. Autant dire que le final bouscule autant que le reste et que l’on termine pantois face à tout cela.
En bref, Croque-mitaine de Florent Marotta est un roman policier qui fait mal
Vous l’aurez compris en lisant mon avis, Croque-mitaine de Florent Marotta est le genre de roman impossible à lâcher et qui finit par nous retourner l’estomac, tant l’horreur prend de la place. C’est clairement le genre de récit à ne pas mettre entre toutes les mains, mais aussi le genre de roman qui peut bousculer les lecteurs et réveiller les consciences. Un roman policier que je ne peux que vous conseiller de vous procurer !
Pourquoi lire Croque-mitaine de Florent Marotta ?
- Un rythme implacable et des chapitres courts.
- Une ambiance lourde et poisseuse qui vous prend aux tripes.
- Un sujet tabou et percutant (prédation, réseaux de l’ombre).
- Une réflexion brutale sur la justice et la loi du talion.
Vous aimerez sans doute aussi ces romans :
- La cour des mirages de Benjamin Dierstein
- L’ogre de Louis De Mauboy
- Le cimetière des enfants perdus de Vincent Villa
Et vous, quel est le dernier polar qui vous a terrifié ? Dites-le moi en commentaire !