Le paysage français regorge d’auteurs et d’autrices de très grandes qualités. Céline Denjean en fait clairement partie et c’est de son roman La Mue publié aux Éditions Michel Lafon que l’on va parler aujourd’hui. Une immersion glaçante dans les problèmes familiaux et dans la folie qui ne laissera personne indifférent.
La 4eme de couverture
« Il se tient devant elle et la scrute d’un œil brillant plein d’espoir. Parce qu’elle ne bouge pas, le sourire du Fou dégringole, et son regard devient noir et liquide, comme du mazout. – Alors, maman… tu fais encore la zizanie ! »
Au cœur des Pyrénées, une femme est séquestrée par celui qu’elle appelle le Fou. Non loin de là, un jeune homme est retrouvé le crâne défoncé dans une grotte. À travers la brume hivernale, la major Louise Caumont mène une traque complexe pour débusquer l’acteur d’un jeu macabre.
La Mue : une plongée dans l’horreur familiale
Tout commence par une scène glaçante où Céline Denjean fait monter la pression en seulement quelques pages. On le sent, on le sait, le roman va démarrer de la meilleure des façons et autant dire que ce prologue annonce la couleur de la folie que l’on va découvrir par la suite. Mais je n’en dis pas plus, histoire que vous ayez la surprise et cette envie d’en lire encore plus par la suite.
Un enlèvement, une disparition, un meurtre. Les enquêteurs et le personnage de Louise Caumont sont sur les dossiers, surtout lorsqu’une affaire renvoi à une tentative d’assassinat sur un nouveau-né ayant eu lieu au même endroit. La Mue surprend en nous donnant toutes les cartes du jeu dès les premiers chapitres et pourtant, il ne faut pas se fier aux indices trop visibles et à cette faculté qu’à Céline Denjean de jouer avec son lecteur…

La narration fonctionne à merveille dans ce roman et l’autrice fait preuve d’une maîtrise incroyable dans son récit. On plonge dans cette enquête corps et âme et celle-ci n’oublie pas de nous offrir quelques passages angoissants au côté de cette femme captive. Céline Denjean joue avec le fait que l’on sache déjà tout pour nous maintenir captif de son histoire. On suit ainsi avec beaucoup d’intérêt l’enquête et les recherches qui sont faites pour retrouver l’identité du meurtrier présumé. On plonge ainsi dans un passé troublant et dans la psychologie d’un jeune garçon en manque de repères. C’est simple, plus on s’immerge dans ce sac de nœuds, plus on commence à comprendre toute l’étendue et toute la catastrophe qui se joue devant nos yeux.
La Mue, c’est un travail d’orfèvre sur la psychologie des personnages, mais également sur cette cellule familiale qui se détruit sous nos yeux. On pensait avoir tout compris et Céline Denjean nous prouve qu’elle avait tout prévu pour nous faire tomber dans le panneau. Une réussite qui laisse sans voix et qui nous renvoie à cette thématique glaçante que l’on croise que trop peu.
S’il y a bien une chose de sûr avec ce roman, c’est que celui-ci joue avec notre empathie et notre angoisse en nous offrant un tortionnaire à la construction psychologique incroyable. Entre bourreau sans aucun remords et en enfant en manque d’affection, celui-ci nous embarque dans sa folie en nous faisant réfléchir à sa condition. On ne sait jamais sur quel pied danser avec lui, si bien qu’on alterne entre une peur bleue et une affection bizarre pour cet homme enfant.
En bref, La Mue de Céline Denjean est une plongée dans une famille pas comme les autres
Vous l’aurez compris, La Mue est le genre de roman qui marque son lecteur par le travail sur les thématiques et sur la psychologie de ses personnages. Céline Denjean joue avec notre empathie pour nous immerger dans un drame humain complexe, déchirant, mais aussi dans une folie qui fait froid dans le dos… Bref, lisez La Mue, lisez tous les romans de Céline Denjean.
Message bien reçu. Merci à toi pour la chronique 🙏 😘
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