Littérature

Les monstres de Maud Mayeras : Terreur glaçante.

Ayant écrit la chronique insta à la mi-2021, j’essaie de faire cette chronique blog au plus proche de ce que j’en ai pensé alors.

Cela fait plusieurs années que je suis le travail de Maud Mayeras. Rencontrée dans un salon littéraire en 2016 à Lunel, nous avions pu échanger une vingtaine de minutes sur son travail, ses aspirations, les choses qu’elle aimait, ses livres références…. J’apprécie Maud. La personne, l’autrice. Douce et bienveillante en réalité, ses textes sont eux toujours une plongée sans masque ni bouée, nous happant, nous privant de nos repères et jouant sans mal avec nos sens aiguisés. D’une écriture percutante, elle s’immisce dans nos esprits pour y mettre ses idées noires, dures, cruelles, puissantes et macabres.
Sans crainte de nous faire ressentir le pire, elle crée des atmosphères très souvent prenantes bien que difficiles. Sa motivation : le mal, sous toutes ses formes. Et ce récit, qu’elle a mis des années à écrire, ne déroge certainement pas à SA règle. Les monstres, publié chez Anne Carrière et récemment sorti en poche chez Pocket, qui fait également écho à sa grossesse et sa nouvelle vie de maman depuis quelques années, est d’une terreur glaçante. Édifiant, humain, juste de vérité et de cruauté, le roman ravage nos esprits.

Des influences assumées

Ce récit, Les monstres, ne déroge pas à la règle de ces trois prédécesseurs. Porté par des influences certaines, assumées ou non, inconscientes ou pas, Maud Mayeras nous confronte à la vie de deux enfants, élevés en captivité par un homme qui ne pensent qu’à façonner « ses créations » pour qu’ils soient de véritables monstres, bien meilleurs que les humains qu’ils pourraient rencontrer. Dans ce récit, j’y ai trouvé certaines références. J’y voyais ce film mythique, incroyable, « La nuit du chasseur », réalisé par Charles Laughton, où deux enfants sont pourchassés par un prêtre tueur. L’aîné veillant sur l’autre, les deux découvrant le monde en s’enfuyant au travers du pays. J’y ai également vu un livre qu’elle m’avait vivement conseillé, très dur : Le puits de Ivan Repila. La dureté de ce récit dépeint sur le sien, avec force et justesse pour traiter des enfants, de leurs peurs, leurs désirs, leurs colères, leurs amertumes, leurs découvertes. Comment ces monstres vont-ils se comporter au contact des autres, eux qui n’ont connu qu’une cabane et l’enseignement autoritaire et endoctriné d’un malade.

Un roman dépeint d’humanité

Bien qu’effrayant sur bien des points, la vérité est telle qu’elle nous éclate à la gueule. Dès la naissance, on peut façonner un être à notre guise, lui faire croire n’importe quoi. Lui créer une petite vie qui lui paraît incroyable d’un point de vue personnel, tandis qu’elle est effroyable, de nos points de vue extérieurs. Outre les enfants, nous sommes confrontés à leur père adoptif & à leur mère, qui s’occupe d’eux comme elle peut. Au cours du roman, les premières révélations tombent, fouettant notre sensibilité, claquant nos dents de désespoir. Maud Mayeras n’y va jamais avec le dos de la cuillère, c’est souvent implacable et émouvant. Les secrets se dévoilent, certains plus dur à encaisser que d’autres. Les monstres marque, laisse des traces, au point d’en ressortir atteint, jusqu’à ce final éprouvant.

Pour conclure : l’attente était longue pour mettre la main sur Les monstres, mais elle valait le coup. La noirceur de Maud et la justesse de ses mots permet une apnée considérable dans une petite maisonnée de bois bien cruelle.

PS : Peut-être que j’aurais l’occasion de recevoir l’autrice pour un rendez-vous ITW sur le blog !


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