BD/Comics

Big Man Plans d’Eric Powell et Tim Wiesch

S’il y a bien une œuvre parfaite durant cette période trouble, c’est bien celle qui nous est offerte par Eric Powell et Tim Wiesch sous le nom de Big Man Plans. Sorti en France chez Delcourt en 2016, le duo évoque avec cette histoire l’épopée sanglante et barbare d’un nain (enfin personne atteinte de nanisme pour être dans le politiquement correct). Tout un programme…

Même les plus marginaux des plus marginaux de la société sont capables à un moment donné de se rebiffer et de se venger. Et quand ils décident de s’y mettre, peu importe la façon de faire, ils vont jusqu’au bout. Big Man Plans est l’histoire d’un nain énervé. Un nain doté de sacrés « cojones » , qui n’a peur de rien, ni de personne. Un nain prêt à tout pour se venger d’un crime brutal, hanté par un terrible mystère.

Avec une introduction qui annonce la couleur, Big Man Plans nous plonge dans un univers aussi sombre que crasseux, mettant en scène toute la lie de l’humanité. Il ne suffit que de quelques cases pour que le duo nous fasse comprendre toute la difficulté d’être différent dans une Amérique rongée par la violence. Attention ce n’était que la mise en bouche, Eric Powell et Tim Wiesch ont encore bien plus à apporter au fil de cette histoire, puisqu’ils vont partir vers quelque chose de radical et qui ne conviendra absolument pas à celles et ceux qui ne supportent pas la violence.
La force de ce court récit réside dans le fait que l’on va vite s’attacher à cet anti-héros que l’on traite de monstre depuis sa plus tendre enfance, malgré le fait que son paternel ait tout fait pour ne pas lui infliger tout ça. Big Man Plans met un point d’honneur à faire avancer son récit grâce à l’utilisation de flash-back bien senti, permettant de comprendre tout le cheminement de ce personnage. Entre une jeunesse passée dans un orphelinat à se faire battre, un amour impossible et un enrôlement pour la guerre du Vietnam, l’homme que l’on voyait comme un monstre finira par se transformer en une bête malade, sombrant dans une folie sanglante.

“J’encule ta mère. Et si tu fais sauter ce putain de tunnel, je sortirai des décombres pour défoncer ta gueule de salope”

Véritable critique de la société contemporaine, le duo aborde plusieurs thèmes qui permettent de donner une réelle profondeur à leur récit. Big Man Plans évoque avec intelligence l’idée d’exclusion, de différence, du rapport avec autrui, et ce de manière toujours plus frontale. Si l’apologie de la violence n’est pas au programme, on ne peut s’empêcher de prendre part à cette escalade. Une fascination morbide se met en place et permet de mieux cerner la psychologie de ce nain vraiment très énervé.
Qu’on se le dise, cette histoire met aussi en place une certaine poésie macabre, mais aussi un humour noir qui fait souvent mouche avec notamment des dialogues qui taillent dans le gras et qui ne font pas dans la dentelle. Big Man Plans est à la fois aussi touchant que dérangeant, de par la qualité de son dessin et de ses couleurs.


En somme, Big Man Plans pourrait aisément évoquer le Punisher, mais version nain. C’est sans concession, d’une folie contagieuse et d’un gore incroyablement impactant. Il se peut que vous ne ressortiez pas indemne de cette escapade et que vous soyez atteint de stress post-traumatique après coup…

Vous pouvez vous procurer Big Man Plans en cliquant sur ce lien

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