Cannibalisme

The Green Inferno d’Eli Roth (2013)

Cannibal Holocaust vous a marqué à tout jamais par ses images et par son horreur insoutenable ? Ce côté gore réaliste vous manque ? Alors, essayez The Green Inferno d’Eli Roth.

Un groupe d’activistes new-yorkais se rend en Amazonie et tombe entre les mains d’une tribu particulièrement hostile.

Il est indéniable qu’Eli Roth a voulu rendre hommage aux films qui ont pu le bercer quand il était plus jeune et plus particulièrement à Cannibal Holocaust de Ruggero Deodato. Véritable film choc à la fin des années 70, ce long-métrage a inspiré tout un courant de vidéastes italiens qui se sont aventurés dans la brèche de l’indigène amateur de chair fraîche et de cruauté. Alors que ce sous-genre souvent décrié avait disparu des écrans radars, Eli Roth revient et tente d’apporter une vision plus moderne de la chose.
Cela ne tient qu’à moi, mais je pense qu’il fait mieux que Cannibal Holocaust, malgré ses défauts, car le réalisateur ne cherche pas à choquer son spectateur en allant trop loin dans la surenchère de violences. Celui-ci n’hésite pas à couper court sur certaines scènes, histoire de faire en sorte que ce soit notre imagination qui prenne le dessus. The Green Inferno n’en reste pas moins difficile à voir, ne serait-ce que pour le premier sacrifice… Le cinéaste fait les choses en grand avec ce projet, puisqu’en amateur d’horreur à l’ancienne, celui-ci va s’entourer d’une équipe technique qui pratique avec merveille l’art du latex, du faux sang et des mannequins. Tout semble si réaliste que l’on finit par y croire.

Ce côté old-school est contrebalancé par l’utilisation d’une caméra numérique qui met en avant le grand contraste des couleurs. La forêt Amazonienne n’aura jamais paru aussi verte, presque fluorescente. Le décor de rêve devient de plus en plus menaçant, si bien que la couleur rouge des indigènes ressort immédiatement, telle une flaque de sang sur un mur blanc… The Green Inferno dégage quelque chose de beau dans ses cadres, dans sa photographie, mais l’effroi prend vite la place, et cela, grâce au travail de certains acteurs qui portent le long-métrage sur leurs épaules. Je pense notamment à Lorenza Izzo ou encore Antonieta Pari qui glace le sang à chaque apparition.
Eli Roth offre un véritable film d’antan que l’on aurait pu voir trôner dans les vidéo-clubs d’époques. Le réalisateur dénote avec cette envie de revenir au cannibalisme et n’hésite pas à utiliser ce procédé pour apporter un message, tout comme Deodato l’avait fait avec Cannibal Holocaust. Si l’oeuvre culte critiqué les médias toujours en recherche d’un sujet choc pour faire de l’argent, Eli Roth s’attaque à certaines ONG et à leur fonctionnement, afin de mettre en lumière certains agissements d’activistes. Le cinéaste n’hésite alors pas à mettre en dérision cette idée de la jeunesse bourgeoise occidentale qui veut changer le monde, histoire d’avoir une impression de soi. 

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