Cinéma

The Silent House (La Casa Muda) de Gustavo Hernandez (2010)

Vous êtes à la recherche du petit frisson pour la soirée d’Halloween ? D’une maison abandonnée ? D’un nouveau concept de cinéma ? Alors The Silent House ou La Casa Muda de Gustavo Hernandez est fait pour vous.

Laura et son père Wilson s’installent dans une maison à la campagne pour la retaper sur demande de son propriétaire qui souhaiterait la mettre en vente au plus vite. Ils passeront donc la nuit sur place avant de commencer les travaux le lendemain matin. Tout semble se passer pour le mieux avant que Laura n’entende un bruit provenant de l’extérieur mais devenant de plus en plus fort au premier étage de la maison. Wilson s’aventure donc en haut pour voir ce qu’il en est tandis que Laura l’attend seule au rez-de-chaussée…

Le début des années 2010 a été marqué par le développement conséquent des films d’horreur avec caméra au poing, mais aussi celle des longs métrages horrifiques espagnols et/ou sud américains. The Silent House de Gustavo Hernandez joue sur ce terrain, mais en apportant quelque chose de neuf dans sa réalisation. Son film sera un long plan séquence unique, du moins en apparence. Le réalisateur uruguayen se détache de toute la flopée de film se tournant caméra à l’épaule, car celle-ci n’a pas d’existence propre dans le film (comme c’est le cas dans Le Projet Blair Witch ou encore [REC]). Cette caméra sert avant tout à apporter un réalisme, même si celle-ci n’est pas tenue par un personnage. Gustavo Hernandez va capter les événements en continu, afin de mettre en place une sensation d’oppression et de peur grandissante. Qui n’a jamais eu peur des craquements sinistres de sa maison durant la nuit ? L’ambiance est lourde dans cette vieille maison et le réalisateur va jouer avec les bruits environnants pour faire monter la pression.
Gustavo Hernandez semble savoir ce qu’il fait, notamment avec ce travail de faux plan séquence, puisque plusieurs points de montages peuvent être vus lors de passages dans l’obscurité ou lorsque certaines situations bizarres arrivent à l’écran. Gustavo Hernandez suit son personnage, nous plonge dans cette maison et dans la peur qui en résulte. Le réalisateur montre qu’il est tout à fait possible de faire ressentir de l’effroi avec un tout petit budget et une caméra qu’on peut trouver partout (le film a été tourné avec un Canon Mark II 5D), bien que l’image soit assez sombre.

La maison est un personnage à part entière de cette histoire, puisque l’on va entendre des portes s’ouvrir, des bruits de pas, des lattes qui grincent et encore bien d’autres choses. La question se pose : intrus ou esprits ? Je ne vous dirais rien. D’un film d’horreur assez classique en terme d’écriture, le réalisateur nous amène sur un drame psychologique d’une grande force.
La peur est présente pour celui ou celle qui est sensible à ce genre de film. Le réalisateur joue avec les bruits, mais aussi avec l’obscurité de cette maison. L’héroïne, Laura, se démène avec une simple lampe torche dans cette maison vide de toute vie. Celle-ci oscille entre les peurs paralysantes, mais aussi l’hystérie et cette folle envie de s’en sortir. On croit à ce qu’elle vit et c’est pour cela que The Silent House pourra se transformer en un bon moment de peur. L’utilisation de l’obscurité, du noir et des parts d’ombres est présente pour intensifier l’angoisse de son personnage, mais également la nôtre. On tremble, on retient notre souffle au moindre bruit, notre cœur s’emballe. Cette sensation arrivera à son paroxysme lors d’une scène où Laura doit utiliser le flash d’un polaroïd pour voir ce qu’il se passe, provoquant alors un décalage entre ce qu’elle a pris et ce qu’elle voit sur la photo. Il n’en faut pas plus pour avoir peur…
The Silent House n’est pas qu’un film jouant sur la peur du noir, mais c’est aussi un film à énigme qui pourra ravir les amateurs du genre. Il faudra rester concentré, malgré les effets enivrants du stress pour démêler la vérité. Le film repose sur deux twists qui pourront soit vous conforter dans l’idée d’avoir vu un film sympathique ou alors vous le faire détester. Tout ça, c’est à vous de voir finalement. 

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