Cinéma

Les Tommyknockers de John Power (1993)

Stephen King a, depuis son premier roman, toujours été une source intarissable pour le cinéma et pour les projets d’adaptations. Il existe des romans du maître où on ne se pose pas la question quant à la réalisation d’un film, tandis que d’autres peuvent prêter à confusion sur l’utilité et sur la qualité de celui-ci. Les Tommyknockers pourrait faire partie de cette seconde catégorie, notamment si le réalisateur derrière ce projet manque de moyens financiers et d’ambitions. SPOILER ALERT : c’est ce qui arrive ici…
La chaîne ABC, très satisfaite par le succès du long téléfilm Ça, il est revenu de Tommy Lee Wallace, décide de lancer l’adaptation du roman Les Tommyknockers quelques mois après. C’est ainsi que Lawrence D. Cohen (scénariste de Carrie et de Ça) est appelé pour travailler sur ce projet et si, Lewis Teague (réalisateur de Cujo et de Charlie) est d’abord pressenti pour réaliser ce téléfilm de deux fois 90 minutes, c’est John Power qui obtiendra le poste. Si ce nom ne vous dit rien, c’est normal, car le réalisateur a surtout travaillé pour des séries estivales pour la chaîne ABC et que cette adaptation de Stephen King ne lui a pas apporté la lumière.

Dans une petite ville de Nouvelle-Angleterre, une romancière qui vit seule au milieu de la forêt trébuche un jour sur un objet métallique enfoui dans le sol. Obsédée par ce souvenir, elle va cherché à déterrer ce qui va s’avérer être une soucoupe volante.

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Autant l’annoncer dès le début, mais Les Tommyknockers de John Power a les mêmes défauts que le roman éponyme de Stephen King. Faire un téléfilm, cela signifie que l’équipe du film aura moins de budget, mais aussi qu’ils vont devoir travailler sur une durée devant rester entre 85 et 90 minutes et donc qu’ils n’auront, au final, aucune maîtrise sur le rythme de celui-ci. 90 minutes pour évoquer les événements de ce roman, c’est bien trop court et c’est donc comme cela que l’adaptation sera divisée en deux épisodes, tout comme l’a été Ça, il est revenu de Tommy Lee Wallace. Le souci, c’est que le téléfilm perd en efficacité et en rythme, tout comme le roman, et devient rapidement trop lent. Au final, John Power donne l’impression de combler du vide par du vide… Et cette impression continuera avec l’aspect fauché et parfois kitsch des effets mis en place. On ne va pas se mentir, mais les effets spéciaux sont assez laids et plongent le téléfilm dans la sphère des oeuvres oubliables, surfant entre le kitsch, la série Z et le nanard ; que ce soit au niveau de la représentation des extraterrestres, la couleur verte qui arrive sans aucune cohérence dans l’histoire et le vaisseau qui se transforme en une espèce de temple fait de mousse.

Si le travail de Tommy Lee Wallace a pu horrifier une flopée de spectateurs avec les apparitions de Pennywise, ce ne sera pas le cas pour John Power… L’aspect kitsch de certaines scènes coupent toutes tentatives d’horreur et font plus sourire qu’autre chose (l’attaque des poupées par exemple). Cependant, il peut y avoir ce petit côté nostalgique qui vous accroche la rétine, comme lorsque l’on revoit l’adaptation de Ça, il est revenu. Mais, il est indéniable que le réalisateur nous offre un hommage aux films traitant des invasions d’extraterretres dans les années 50, comme L’invasion des profanateurs de sépulture de Don Siegel ou encore La Guerre des Mondes de Bryon Haskin.
C’est aussi par son casting au rabais que l’adaptation plonge dans l’horreur, puisque l’on peut notre la présence de Jimmy Smits (NYPD Blues, Sons Of Anarchy, Star Wars 2 et 3, Rogue One : A Star Wars Story), Joanna Cassidy (qui avait joué une strip-teaseuse dans Blade Runner), Traci Lords (ancienne star du porno) et Marg Helgenberger (connue aujourd’hui pour son rôle dans la série Les Experts). Si le casting ne brille pas sur le papier, c’est aussi le cas durant les trois heures de téléfilm…

Si Les Tommyknockers de John Power a de quoi faire fuir le spectateur amateur d’horreur, il aura aussi de quoi ravir les adorateurs de Stephen King, car Lawrence D. Cohen offre un scénario qui colle au plus près de l’oeuvre du King, que ce soit dans le déroulé de l’intrigue, dans les interactions entre les habitants de Haven ou dans ses thématiques. Si vous aimez quand le maître de l’horreur parle d’un village américain du Maine et de ses habitants, alors vous aimerez également ce téléfilm, car les défauts cités précédemment se concentrent avant tout dans sa deuxième partie.
Tout ce qui fait le sel des oeuvres de Stephen King se retrouve donc condensé dans cette première partie. John Power et son scénariste prennent le temps de développer une ambiance, mais aussi d’implanter le décor du village d’Haven et de ses habitants. Comme je le disais, l’histoire des Tommyknockers se déroule dans une petite ville du Maine et les deux compères vont s’attarder davantage sur plusieurs personnages principaux, afin de créer et de développer des liens parfois compliqués, parfois conflictuels, entre les personnages, pour ainsi montrer que tout n’est pas rose dans cette petite communauté. Comme je le disais, les équipes du film ont repris les thématiques chères à Stephen King et c’est ainsi que l’on évoquera le métier d’auteur, mais aussi de l’adultère. C’est avant tout au travers du prisme de la drogue et plus généralement de l’addiction que Les Tommyknockers reste une oeuvre importante à voir. Il ne faut pas oublier que Stephen King a écrit ce roman, alors qu’il avait pris la décision d’arrêter toute consommation de drogue et d’alcool. Cette oeuvre, c’est tout simplement une représentation du plongeon en enfer de l’auteur, mais aussi de sa rédemption vis-à-vis de cette addiction et de cette lutte de tous les instants qui prive les individus de leur personnalité, en les changeant en monstres. Cette lueur verdâtre immonde prend toute sa signification à la lecture de ce prisme et c’est ce qui fait que tout n’est pas à jeter dans ce téléfilm de John Power.  

Mais du coup, Les Tommyknockers sur nos écrans, ça s’arrête là ? Et bien pas vraiment, parce qu’après le carton d’Andy Muschietti avec Ça, une annonce a été faite au printemps de l’année 2018 pour une adaptation du roman de Stephen King. Celle-ci serait produite par James Wan (Saw, Insidious, The Conjuring), ainsi que par Roy Lee (Ça, Lego Movie, The Departed) et aurait pour scénariste Jeremy Slater qui s’est illustré au scénario de la série TV The Exorcist. Si le projet a été acheté par Universal Studio, il n’y a, pour le moment, toujours aucun casting d’effectué, ni de date de début de tournage et encore moins de réalisateur…

Si vous voulez en savoir plus sur Stephen King et son actualité, je vous invite à consulter le site de Stephen King France, ainsi que le Club Stephen King

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