Pour que tu m’aimes encore de Ferdinand Fish : mon avis sur ce roman d’horreur qui ne fait aucune concession

Il y a des romans qui ne cherchent pas à vous convaincre, ni même à vous raconter quelque chose : ils cherchent simplement à vous prendre à la gorge et à ne plus vous lâcher. Pour que tu m’aimes encore, roman auto-édité de Ferdinand Fish, appartient à cette catégorie rare et radicale. Un texte choral, aussi brutal que sans concession, qui refuse toute forme de rédemption ou d’explication rassurante.

La 4eme de couverture

POUR QUE TU M’AIMES ENCORE

Ce thriller psychologique met en scène :

Une aide-soignante

Un père de famille alcoolique

Un ostéopathe

Une vieille dame paralysée

Trois policiers

Et trois junkies

Le lien entre toutes ces personnes ? RÉMY

Plongez dans ce roman sombre, froid et moite, rythmé par les plus grands classiques de la variété française.

Autant le dire tout de suite : ce n’est pas un livre pour tout le monde, et il ne faut certainement pas le mettre entre toutes les mains. Mais si vous cherchez une plongée en apnée dans l’horreur la plus brute, vous êtes au bon endroit.

Une construction à deux voix, un seul et même vertige

Le choix du roman choral fonctionne particulièrement bien ici, non pas parce qu’il apporte de la nuance (ce n’est clairement pas l’objectif de Ferdinand Fish), mais parce qu’il multiplie les angles d’attaque. On alterne entre le point de vue du jeune tueur, froid et calculateur dans sa cruauté, et celui de l’ouvrier, à fleur de peau, raciste, homophobe, violent, dont chaque page semble prête à exploser. Deux formes de monstruosité, deux rythmes d’écriture, mais un seul objectif commun : ne jamais laisser le lecteur reprendre son souffle.

L’auteur ne cherche pas à rendre ses personnages attachants, ni même compréhensibles. Avec Pour que tu m’aimes encore on reste presque exclusivement dans l’action et la sensation brute. C’est un parti pris qui pourra dérouter certains lecteurs : on suit des personnages détraqués sans qu’aucune réflexion de fond ne vienne accompagner cette plongée. Un unique passage, bref, évoque une faille de sécurité au sein d’un EHPAD, presque une parenthèse sociale au milieu du chaos, mais il ne s’agit clairement pas d’un roman qui cherche à interroger la violence qu’il déploie. Il la montre, un point c’est tout.

Une noirceur totale, sans respiration

Si je devais résumer l’expérience de lecture en une phrase, ce serait celle-ci : le roman est plus noir que noir. Il n’y a ici aucune éclaircie, aucun moment de répit, aucune ironie qui viendrait alléger l’ensemble. On est clairement dans une veine proche du torture porn, où la violence n’est jamais suggérée mais pleinement montrée, dans une succession de scènes qui s’enchaînent sans temps mort. Certains passages sont si intenses qu’il vaut mieux faire des pauses pour les digérer ; d’autres lecteurs préféreront au contraire tout enchaîner d’une traite, dans un effet presque anesthésiant, comme si l’accumulation de violence finissait par créer une forme d’engourdissement.

C’est là, à mon sens, la vraie force et la vraie limite du roman. Il n’offre aucun sas de décompression. On ne referme jamais un chapitre en se disant que le pire est passé, parce que le pire, chez Ferdinand Fish, est toujours encore à venir. Cette absence totale de retenue peut séduire les amateurs d’horreur extrême qui cherchent justement à repousser leurs limites de lecture. Elle peut aussi, légitimement, en rebuter beaucoup d’autres.

Une paire de sécateurs rouillés avec des taches de sang sur une table en bois, accompagnée du titre 'POUR QUE TU M'AIMES ENCORE' et du nom de l'auteur 'Ferdinand Fish'.

Deux monstres, aucune excuse

Ce qui distingue ce roman d’autres textes horrifiques récents, c’est justement ce refus de la psychologisation. Le jeune tueur est cruel parce qu’il l’est, bien que l’on apprenne rapidement les raisons de son basculement. L’ouvrier est violent, raciste et alcoolique parce qu’il l’est. Certes, l’environnement familial semble être un facteur aggravant pour lui, mais il semblait être déjà horrible bien avant. Il n’y a pas de porte d’entrée vers l’empathie, pas de tentative de justification. Ce parti pris radical accentue le malaise : impossible de se raccrocher à quoi que ce soit qui ressemblerait à une explication rassurante. On reste face à la violence brute, sans médiation.

Ce choix ne plaira pas à tout le monde. Personnellement, j’aime souvent quand un roman d’horreur prend le temps de construire la mécanique psychologique de ses monstres, cela apporte une profondeur supplémentaire au récit. Ici, ce n’est clairement pas l’ambition du texte, et il faut l’aborder en le sachant : on n’est pas dans l’introspection, on est dans la sensation pure.

Un roman auto-édité qui ne fait aucun compromis

Il faut saluer, malgré tout, l’audace du texte avec une telle volonté d’aller jusqu’au bout d’une proposition aussi radicale. Ferdinand Fish ne cherche clairement pas à plaire, ni à rassurer un lectorat plus large en adoucissant certains passages. Pour que tu m’aimes encore est un roman qui assume pleinement son statut de littérature de niche, taillée pour un public très spécifique d’amateurs d’horreur extrême.

En bref, Pour que tu m’aimes encore ne fait aucune concession

Pour que tu m’aimes encore n’est pas un roman qui vous prendra par la main. C’est un texte frontal, dur, sans concession, qui vous plonge dans deux formes de monstruosité sans jamais chercher à les expliquer ni à les excuser. Si vous acceptez d’entrer dans cette spirale de noirceur sans attendre de réponse ni de répit, vous trouverez ici une lecture marquante. Si vous cherchez de la nuance ou une réflexion construite autour de la violence qu’il déploie, en revanche, vous risquez de rester sur votre faim.


Pourquoi lire Pour que tu m’aimes encore de Ferdinand Fish ?

  • Si vous cherchez de l’horreur extrême, sans filtre et sans temps mort
  • Si le torture porn et les récits choraux entre bourreaux ne vous font pas peur
  • Si vous voulez tester vos limites de lecteur face à un texte qui ne fait aucune concession
  • Si vous aimez découvrir des plumes auto-éditées qui n’ont peur de rien

Fiche technique du livre :

  • Titre : Pour que tu m’aimes encore
  • Auteur : Ferdinand Fish
  • Éditions : Auto-édition
  • Genre : Horreur, roman noir
  • Note : 3,5/5

Note : 3.5 sur 5.

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