Littérature

La mort est parfois préférable de Sacha Erbel : enquête classique mais efficace

Difficile de ne pas succomber à l’appel d’une lecture lorsque la 4eme de couverture semble si énigmatique. C’est le cas ici avec, le nouveau roman de Sacha Erbel, La mort est parfois préférable publié aux Éditions Taurnada, qui nous offre une enquête classique mais d’une efficacité folle. 

La 4eme de couverture

Yan est flic à la police judiciaire de Lille.
Depuis quelque temps, un « passager clandestin » s’est invité dans sa vie : « l’Araignée », c’est le surnom qu’elle lui a donné.
Alors que Yan traque l’auteur du meurtre d’un journaliste connu pour ses reportages à sensation, elle n’a pas d’autre choix que de composer avec son « invisible ennemie » : insidieuse, omniprésente, l’Araignée tisse sa toile, cuisante morsure dans ses chairs survenant n’importe où, n’importe quand…
En parallèle, Brath, son collègue, enquête sur la mort étrange d’un homme retrouvé décapité, assis au volant de sa voiture, la tête reposant sur la banquette arrière.
En équilibre sur un fil, Yan ne baisse pas les bras, avance sur son chemin de douleurs au risque de se perdre… définitivement.

La mort est parfois préférable : enquête classique mais efficace

Qu’on se le dise, le nouveau roman de Sacha Erbel fleure bon le polar classique, mais sans pour autant être dénué de tout intérêt, bien au contraire. On pourrait même dire que la romancière nous immerge dans le quotidien, dans la réalité d’une équipe d’enquêteurs qui se cassent les dents sur une affaire complexe. On retrouve ainsi dans ce roman tout ce qui fait un bon polar, à savoir que l’on partage toutes les investigations avec les policiers. On passe ainsi par les constatations sur les lieux du crime, la recherche de témoin, les autopsies, le débriefe d’équipe, les PV et les rapports que les policiers peuvent faire à la hiérarchie et à la justice. En bref, La mort est parfois préférable nous plonge dans le vrai, dans le dur et tout cela avec une facilité déconcertante.

Parce qu’on ne va pas se le cacher, mais Sacha Erbel dispose d’une plume d’une efficacité redoutable. Les pages se tournent à une vitesse folle, si bien que le roman se termine assez rapidement. De plus, la romancière fait en sorte de jouer avec son ambiance pour apporter du gore utile à l’histoire. L’enquête n’est donc pas aussi classique qu’on pourrait le croire et celle-ci va nous plonger dans un récit de vengeance cruelle, mais qui jouera fortement avec notre empathie. Dans La mort est parfois préférable, l’autrice prend position et dénonce le comportement de certains reporters occidentaux qui sont prêts à tout pour se faire de l’argent sur le dos de minorités, quitte à détourner les yeux d’un futur massacre…

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Une romancière qui se livre 

Si l’écrivaine nous donne cette impression d’être dans le vrai, c’est parce que celle-ci est également policière. On comprend alors cette plume enjouée et on comprend aussi rapidement pourquoi le personnage de Yan semble si fier et si heureux d’entrer dans la police, de côtoyer une nouvelle famille et de servir son pays et ses concitoyens. Sacha Erbel nous immerge dans un monde que l’on connaît bien, du moins d’après nos lectures, et essaye de nous montrer toute l’humanité qui se dégage de ces différents inspecteurs qui font tout pour trouver la vérité, quitte à baigner dans un océan de crasse, d’avoir des images qui ne les quittent plus et une vie familiale branlante. La mort est parfois préférable est un roman sombre, mais qui dispose de moments lumineux qui font énormément de bien. 

Si Sacha Erbel se confie sur sa vie de flic, celle-ci se livre également sur sa maladie au travers du personnage de Yan. Je n’irais pas dans les détails, car celle-ci est surnommée l’araignée, mais la romancière en parle avec une telle rage qu’elle réussit à nous toucher en seulement quelques passages. On ressent la douleur intense que cela procure et à quel point cette maladie transforme son quotidien et l’enferme dans un cercle vicieux et médicamenteux. L’écrivraine met en lumière la gravité des syndromes et la méconnaissance du grand public, voire même des spécialistes vis-à-vis de celle-ci. On ne peut compatir face à ce combat de chaque instant et on comprend alors l’un des sens de ce titre : La mort est parfois préférable.

En bref, La mort est parfois préférable se démarque par son côté réel

Vous l’aurez compris, le roman de Sacha Erbel touche en plein cœur, tant on sent que la romancière s’est livrée au travers de chaque ligne, chaque mot, que ce soit en évoquant la maladie qui la ronge ou encore son métier de flic. Sous ses aspects classiques, La mort est parfois préférable joue la carte du réel pour mieux nous prendre dans ses filets et nous faire ressentir toute la dureté du métier. Un roman que je ne peux que vous conseiller de découvrir au plus vite. 


Si le roman vous intéresse, vous pouvez le retrouver ici.

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