Contemporain

Un long, si long après-midi d’Inga Vesper : une autrice qui brise les codes

Avez-vous déjà été trompé par la couverture d’un roman ? Vous le serez sûrement avec cette couverture jaune, rappelant aisément le roman feel-good et le printemps. 

Inga Vesper brise les codes avec son premier roman Un long, si long après-midi publié aux Éditions de la Martinière et disponible en librairie depuis le 04 mars 2022. 

La 4eme de couverture

Dans sa cuisine baignée de soleil californien, Joyce rêve à sa fenêtre. Elle est blanche, elle est riche. Son horizon de femme au foyer, pourtant, s’arrête aux haies bien taillées de son jardin. Ruby, elle, travaille comme femme de ménage chez Joyce et rêve de changer de vie. Mais en 1959, la société américaine n’a rien à offrir à une jeune fille noire et pauvre. Quand Joyce disparaît, le vernis des faux-semblants du rêve américain se craquelle. La lutte pour l’égalité des femmes et des afro-américains n’en est qu’à ses débuts, mais ces deux héroïnes bouleversantes font déjà entendre leur cri. Celui d’un espoir brûlant de liberté.

Un long, si long après-midi : une autrice qui brise les codes

Qu’on se le dise, Inga Vesper aime planter son décor, son ambiance et jouer avec notre intérêt dès son prologue. Un long, si long après-midi s’ouvre ainsi sur le discours intérieur d’une mère au foyer aussi énigmatique que ravageur. On reste pendu à ses réflexions et le mystère commence déjà à s’installer pour de bon dans notre esprit. Cependant, il faudra encore avoir lu quelques pages supplémentaires pour réellement comprendre où la romancière souhaite en venir avec son roman. En attendant, c’est la chaleur étouffante de la Californie qui s’abat sur le reste de ses personnages, mais aussi sur nous. Le temps est moite, l’humidité s’infiltre dans chaque recoin, les esprits s’échauffent et nous comprenons assez rapidement que la ségrégation a encore de beaux jours dans ce quartier de Sunnylakes…

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Pour être tout à fait honnête avec vous, je dois bien admettre que les premiers chapitres m’ont fait relativement peur. Peur de tomber sur une copie d’Alabama 1963 de Ludovic Manchette et Christian Niemiec, peur de ne pas réussir à m’enlever cette comparaison de la tête et donc peur de passer à côté de cette histoire. Il faut dire que nous sommes face à l’histoire d’une disparition, d’un enquêteur devant s’aider de Ruby, la femme de ménage et dans un endroit hostile, ou le racisme fait rage.
N’ayez crainte, Inga Vesper nous offre bel et bien autre chose avec Un long, si long après-midi. Parce que si la romancière évoque le racisme dans ce récit, celle-ci s’intéresse également à la place de la femme dans cette période de l’Histoire et tout particulièrement dans les beaux quartiers. Dans cette époque où la femme reste à la maison pour s’occuper des enfants, du ménage et des repas, la romancière nous fait suivre un groupe de femme qui tente de s’émanciper par la force de l’art et des groupes de paroles. 

« Je ne devrais pas peindre. Frank n’aime pas ça, bien que Geneviève Crane dise que j’ai un talent incroyable. C’est un mauvais exemple pour les enfants, une mère qui se fait plaisir, quand il y a des repas à prévoir, des tapis à aspirer et des bouquet de fleurs à arranger. »

L’enquête prend alors une tournure différente dans notre esprit. Celle-ci passe rapidement au second plan, tant Inga Vesper réussit à nous offrir des portraits de femmes aussi touchant que révoltant. La romancière casse les codes, évoque une Amérique en mutation et cette lutte pour la liberté qui explose dans tous les milieux sociaux. La romancière nous transporte par sa plume et par l’ambiance électrique qu’elle arrive à insuffler dans ce quartier où la richesse cache de nombreux secrets. Le fond de l’histoire prend alors toute son importance et devient la force même de ce roman. Un long, si long après-midi fait clairement partie de ces romans importants, réussissant à allier messages politiques et sociétal au divertissement. La romancière dispose alors d’un certain talent pour nous attraper et pour nous faire passer par toutes les émotions durant cette lecture. Notre cœur souffre par tant d’injustice et tant de bêtises, mais il rayonne par la force de caractère de certains personnages. Il est clair que Ruby restera longtemps gravée dans ma mémoire, tant j’ai été touché par sa force d’esprit, de lutte, mais aussi par la puissance de son amitié qui dépasse tous les stéréotypes de l’époque. 

En bref, Un long, si long après-midi est le genre de roman qui devrait plaire à un large spectre de lecteurs et de lectrices, tant Inga Vesper réussit à jouer avec de nombreux codes. L’ouvrage peut alors être vu comme un thriller domestique, voire psychologique, mais également comme un très beau roman de société, évoquant avec justesse la profonde mutation d’un pays. Un long, si long après-midi est un roman que je vous conseille fortement de découvrir, tant le propos dépasse largement sa forme. 


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