Littérature

Une proie idéale de Helen Fields : Implacable

Second roman traduit d’Helen Fields aux éditions Marabout, dans leur collection Black Lab, après la Perfection du crime que j’avais déjà beaucoup aimé. L’autrice est toujours très peu vu en France. D’ailleurs, mes story’s concernant ses romans font un bide. Je ne vais pas revenir sur l’éternelle question de “ce qui est moins vu est-il moins bon ?”, mais cette autrice a tout pour se faire une place sur vos bibliothèques et ce second roman confirme son plein potentiel.

Nous suivons à nouveau les inspecteurs Ava Turner & Luc Callanagh à Édimbourg. La première est une enquêtrice écossaise, dotée d’une forte personnalité, qui ne se laisse pas marcher sur les pieds. Le second est moitié français, débarqué d’Interpol lors du précédent roman. Les deux sont les voix narratrices principales de ce deuxième roman, mais vous serez confrontés à différents personnages pour venir alimenter tous ces chapitres. Honnêtement, la qualité de développement de la pluralité de personnages est étonnante. Des personnages au premier à ceux plus effacés, nous ressentons les émotions, les personnalités. Helen Fields développe son style de manière efficace pour nous offrir un second roman plus abouti donc, surtout d’un point de vue sérial killer et recherches effectuées, notamment sur le dark web. “Une proie idéale” a frôlé le coup de cœur, car j’ai ressenti par moments, lors des temps morts, quelques légères longueurs.

Deux tueurs qui se répondent

Dès le début du roman, nous sommes confrontés à un crime. En plein milieu d’une foule lors d’un festival de musique, un homme tombe et gît dans son propre sang, ses entrailles ouvertes. Pas de témoins, les caméras permettent d’identifier une silhouette mais tout était bien préparé. À la suite de ça, un autre corps est découvert au domicile d’une femme. Cette dernière a été piétinée par un meuble. Les découvertes s’enchaînent pour les enquêteurs à Édimbourg et, très vite, la presse s’embrase et la ville plonge dans l’effroi. Les deux tueurs proposent deux méthodes différentes et se répondent au travers de leurs actes effroyables. J’ai aimé ce jeu de piste. D’ailleurs, dès la seconde partie du roman, nous avons les narrations du point de vue des tueurs qui se greffent à l’histoire, pour notre plus grand plaisir sadique. La construction est sympathique et renforce l’attrait pour cette histoire.

Une descente aux enfers de la police écossaise

Difficile d’être à la place des enquêteurs. Ils sont vite mis sous pression, à la fois par la direction hiérarchique et par la presse. D’autres événements se télescopent pour accentuer la tension dans l’histoire. L’inspecteur Luc Callanagh est à 200% dans l’enquête. Il donne à la fois de son esprit et de son corps. Sa psychologie est plus développée encore que dans le premier. Ce que j’apprécie dans ce livre, c’est le panel d’émotions et de sentiments qu’éprouvent la grande quantité de personnages. Des personnages principaux aux secondaires, tout le monde y met son grain de sel pour contribuer à l’histoire. Ava Turner est, elle, plus que jamais dans le doute au fil du roman, à la fois dans ses relations au travail avec son coéquipier, mais aussi dans sa vie sentimentale.

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Les flics sont largués par les événements. Très tôt, on leur file du lest pour qu’ils puissent s’accrocher à quelque chose. Ils ont peu à disposition, mais comme un chien avec son os, ils mordent dedans jusqu’à en retirer la moindre parcelle de moelle d’informations. Chaque indice laissé est une mini victoire et tout est creusé. J’ai aimé cette partie méticuleuse de l’enquête et l’autrice qui ne laisse presque rien au hasard.

Plongée abyssale dans la folie

C’est parfois fou de se dire que derrière une seule personne peut se cacher un véritable fléau. Comme je l’écris parfois dans mes dédicaces sur mon premier roman, en référence au titre : “ Les obsessions des uns font le malheur des autres ”. Une personne mal avisée souhaite se divertir, se venger, ou que sais-je… Et c’est tout un amas de cadavres qui se découvre.

Comme dirait Cyrille Keller : “ La folie d’un homme n’a d’égale que son talent, et vice-versa ”.

Du talent, la personne en a. Pour pondre un plan machiavélique comme celui-là, il fallait oser. Bien sûr, avec les bons moyens à disposition que nous offrent Internet à ce jour, tout est possible. L’autrice fait de bonnes recherches sur le Darknet et sa plongée une nouvelle fois abyssale dans les méandres de l’horreur nous agrippe et nous tient en haleine. Helen Fields raconte avec force cette histoire et même si je peux regretter certaines longueurs dans les temps morts du roman, dans des passages explicatifs ou descriptifs, j’en ressors satisfait et une nouvelle fois surpris par le style implacable.

Pour conclure : Un second roman tout aussi prenant que le premier. Une proie idéale ne révolutionne pas le genre mais est très efficace pour son intrigue et son amas de personnages intéressants et détaillés. J’ai encore une fois adoré Luc Callanagh que je vais prendre plaisir à suivre pour le troisième opus !


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