Jeunesse

La maison qui parcourait le monde de Sophie Anderson : Une belle aventure

Chronique initialement sortie sur Insta en Août 2021 et retravaillée pour le blog.

Il m’arrive parfois souvent de varier mes lectures pour m’exporter vers de la Science-fiction, du Young Adult, de la fantasy ou même des littératures érotiques jeunesses. Ces envies m’arrivent généralement en automne, ma saison préférée, propice aux changements dans la nature. Les arbres se colorent et mes envies changent. Mais, bien que j’ai toujours été attiré par le policier, et plus encore depuis mon premier thriller lu en 2011, je n’oublie pas certaines de mes plus belles lectures, des saga littéraires comme Harry Potter, Hunger Games ou plus récemment Gardien des cités perdues. C’est pourquoi j’aime à sortir des sentiers battus et m’essayer sur des lectures peu courante, qui pourtant font chavirer mon p’tit cœur sensible.
Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler d’une lecture touchante, qui ne plaira sans doute pas à la majeure partie d’entre vous. Pourquoi cette volonté de vous la partager, me direz-vous ? Pour la diversité que cela apporte, et c’est également ce pourquoi j’ai voulu rejoindre le blog de Tom : y apporter plus de profondeur dans des genres que Tom ne touche presque pas.

Le titre prête à faire sourire : La maison qui parcourait le monde, publié chez l’école des loisirs. J’avoue que le titre français est moyen; mais à tout son sens quand on lit le livre; comparé au titre VO : « The House with Chicken Legs ». On peut dire que ça sonne mieux, non ? La maison aux pattes de poulet. Ou avec, si vous souhaitez une traduction plus littérale. Sophie Anderson a imaginé une maison dotée de vie, où réside une jeune fille de douze ans, Marinka, et sa grand-mère, une « yaga ». Une personne chargée de faciliter le passage des morts dans leur monde spectral. Elle leur prépare un dernier repas, une cérémonie et hop, ils franchissent un portail. La maison parcourt le monde et différents climats pour être au contact de différentes populations. Avouez que c’est original ? L’intrigue tourne autour de cette jeune héroïne et de ce qu’elle veut faire de sa vie, du sens qu’elle veut lui donner.

Marinka, des débuts difficiles puis prenant

C’est une étape à franchir, lorsque l’on prend de l’âge, de parvenir à s’identifier à des personnages qui peuvent être beaucoup plus jeunes. De mon point de vue et si j’en étais resté là, j’aurais détesté ce personnage principal. Elle se plaint souvent, elle ne fait pas d’efforts et en plus elle provoque des choses négatives. Bref, une héroïne insupportable, dans le fond. Mais dans la forme et si l’on se met à sa place, à son âge, ses réactions sont parfaitement compréhensibles. Pour autant, je ne vous dis pas que vous l’apprécierez… Mais il est probable que vous la compreniez.
Marinka a presque toute sa vie vécu au chevet de sa grand-mère, dans cette maison aux pattes de poulet. Elle n’a pas d’amis, sa grand-mère lui défend de nouer toute relation. Elle est éduquée par sa mamie car ses parents sont décédés. Elle ne connait rien d’autres mais s’il y a bien un truc qu’elle sait : c’est qu’elle ne veut en aucun cas prendre la relève de sa grand-mère et devenir une « yaga ». C’est clair et net. Alors, peu à peu au fil de l’intrigue, elle va se la jouer rebelle. Normal pour une fille de son âge.
Marinka est une lectrice, elle lit énormément tout ce qui lui passe par la main, sa compréhension du monde ne se résume qu’à l’imagination des auteurs. Forcément, elle va devoir apprendre. Sur elle, sur les autres, sur ce qu’il a « dehors », derrière les clôtures d’os qu’elle doit refaire chaque fois qu’ils emménagent quelque part.

Au fil du roman, j’ai de plus en plus apprécié ce personnage. Tantôt impulsive et démesurée puis réfléchie et agréable. L’autrice a, au travers de son personnage principal, su insuffler un bon rythme pour nous faire apprécier cette histoire, à la frontière du monde vivant et mortel. À l’image de film Coco de Disney, La maison qui parcourait le monde parvient à captiver notre attention, dans les procédés de cette grand-mère qui a tout à enseigner et à offrir mais où les mystères sont toutefois présents et bien ensevelis.

Une thématique pas facile

Je parlais du film Coco plus tôt, une production Disney importante. Il traite du pays des morts. Ici, nous évoquons la mort à de nombreuses reprises. Ce thème n’est selon moi pas facile à raconter à un public jeune. Cette lecture, accessible dès douze ans, ne rebute pas. Il n’y a pas de violence, les morts sont doux, gentils. Ils racontent leurs histoires. Certaines font pleurer, d’autres font envies. Chacun de ces individus vient passer une dernière bonne soirée avant de rejoindre un autre monde, accueillant.
Au travers de l’autrice, Sophie Anderson, on en apprend également un peu plus sur la culture russe, notamment leurs coutumes, leurs mets ou les vêtements. C’est très intéressant et riche de ce côté là.

Si parfois il peut être difficile d’être en connivence avec le personnage principal et ses caprices, la dureté de la vie et ces défis à relever la feront mûrir, et nous avec, au travers de cette belle aventure. Rappelons que nous sommes tous capables d’apporter de la joie et du réconfort… Même dans le mort.

Pour conclure : une lecture riche, en demi-teinte au début dû à un manque d’identification et d’attachement au personnage principal. M’être mis au sein de sa peau m’a fait avancer avec elle pour vivre sa belle histoire.


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