Cinéma

[CRITIQUE] : The 8th Night de Tae-Hyung Kim (2021)

Si Netflix semble être la plateforme grand public qui offre le plus de cinéma de genre depuis ces dernières semaines, il est intéressant de voir que le cinéma asiatique manque encore cruellement de bonnes productions chez eux. The 8th Night de Tae-Hyung Kim arrive avec un thriller fantastico-horrifique pour tenter d’enrayer le mauvais sort, alors qu’il aurait dû arriver sur les grands-écrans coréen…

Synopsis : Armé d’un chapelet et d’une hache, un moine pourchasse un esprit millénaire qui prend possession des humains et sème la désolation sur Terre…

The 8th Night ou La 8eme nuit démarre avec une légende racontée en langue sanskrite, afin de nous présenter de façon précise les différents enjeux de ce long-métrage. Le réalisateur,  Tae-Hyung Kim, semble s’inspirer à la fois de la mythologie hindou et du bouddhisme pour donner corps à son idée. L’idée est bonne, bien que déjà vue ailleurs, et nous plonge directement dans le bain et si vous êtes un peu perdu quant à cette légende, celle-ci sera expliquée à nouveau tout au long du récit. Mais pour la faire courte : c’est l’histoire d’un monstre légendaire battu par Bouddha, dont les deux yeux ont été séparés. Ceux-ci sont secrètement gardés par deux disciples et ne doivent pas être réunis. La légende dit que si l’esprit maléfique s’en empare, il lui faudra tuer sept personnes pour reprendre son apparence et faire régner le chaos sur Terre…

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Il est difficile d’être totalement conquis par ce The 8th Night, bien que celui-ci joue sur la carte du thriller fantastico-horrifique de qualité. Si les premières scènes forment un parfait clin d’œil à la scène de fouille dans L’exorciste et que celui-ci cherche à calquer son rythme pour nous faire plonger dans sa partie horrifique, il faut bien admettre que le long-métrage de Tae-Hyung Kim fait pâle figure à côté. Il est indéniable que le récit aurait dû être amputé de quelques longueurs, afin d’apporter un dynamisme plus encourageant ou que celui-ci aurait eu plus d’impact sous la forme d’une mini-série. Cependant, si l’on arrive à passer outre ce rythme traînant, The 8th Night fait preuve d’efficacité en termes de mise en scène et de photographie.

La 8eme nuit est un plongeon dans une enquête policière assez sombre, misant sur l’incompréhension des inspecteurs de police pour nous plonger dans l’horreur la plus pure. Si les effets ne sont pas toujours convaincants, il faut tout de même souligner la volonté du cinéaste de faire entrer l’effroi au centre de son récit. Ce ne sont d’ailleurs pas les quelques apparitions jouant sur un grotesque malsain qui pourra nous faire dire le contraire. Ce long-métrage joue sur les codes du cinéma horrifique asiatique pour nous mettre mal à l’aise et il est indéniable que ces effets fonctionnent mieux sur le spectateur qui possède les codes de ce cinéma si particulier. Cependant n’ayez crainte, car l’aspect épouvante de The 8th Night est assez faible comparé au reste du long-métrage, permettant ainsi de contenter tous les spectateurs.


Le long-métrage de Tae-Hyung Kim joue à divers reprises sur la rupture de ton, bien que ce soit un aspect que l’on retrouve beaucoup dans le cinéma asiatique contemporain. Ainsi dans The 8th Night se superpose des séquences propres au thriller, voire au buddy movie tout en allant chercher du côté de l’humour et du fantastique/paranormal, pour enfin nous proposer quelques pauses contemplatives de rêves. Ce genre de séquence démontre alors la volonté de son réalisateur de traiter son histoire au premier degré et d’y insérer une forme de mélancolie qui prendra toute sa force dans le dernier tiers. 


The 8th Night de Tae-Hyung Kim est un thriller fantastico-horrifique qui se laisse découvrir, bien que celui-ci peine à convaincre par un rythme trop lent. Il aurait été préférable de nous offrir un récit bien plus condensé, histoire de nous faire vivre cette enquête et cette confrontation de manière bien plus intensive. Un long-métrage à réserver donc aux curieux du genre et aux amateurs de cinéma coréen.

Note : 3 sur 5.
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3 réponses »

  1. Décevant, mais intrigant. C’est en tout cas ce qui ressort de ton excellente critique. Je me laissaireai peut-être tenter quand, histoire combler une envie de frayeur. Mais de la péninsule coréenne, j’attends d’abord la suite de « The Kingdom » que j’imagine encore sur un rythme d’enfer.

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    • Il y a de belle chose en Corée et l’épisode spécial de Kingdom en atteste (beau coup de cœur de mon côté). J’espère que tu y trouvera ton bonheur le moment venu et merci pour les encouragements.

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