Littérature

Le Cercle de Bernard Minier : un thriller à contre-courant

Parfois, il faut savoir donner une dernière chance à un auteur avec lequel ça ne l’a jamais vraiment fait. Que ce soit pour ce faire une autre opinion sur la plume de celui-ci, pour essayer de plonger plus intensément dans un univers ou tout simplement pour se faire une raison et l’oublier définitivement.

Cette dernière chance, je l’ai donné à Bernard Minier avec son roman, Le cercle, publié chez XO Éditions et disponible également aux Éditions Pocket. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’auteur m’a offert un thriller qui va à contre-courant de ce qui se fait depuis quelques années dans le paysage noir français. 

La 4eme de couverture : 

Un coup de fil surgi du passé, un e-mail énigmatique, qui signe peut-être le retour du plus retors des serial-killers, précipitent le commandant Martin Servaz dans une enquête dangereuse, la plus personnelle de sa vie.

Un professeur de civilisation antique assassiné, un éleveur de chiens dévoré par ses animaux… Pourquoi la mort s’acharne-t-elle sur Marsac, petite ville universitaire du Sud-Ouest, et son cercle d’étudiants réunissant l’élite de la région ?

Confronté à un univers terrifiant de perversité, Servaz va rouvrir d’anciennes et terribles blessures et faire l’apprentissage de la peur, pour lui-même comme pour les siens.

Le cercle : Un thriller qui va à contre-courant

Je ne vais pas vous mentir en vous disant que ce roman a eu l’effet d’une claque sur ma personne… C’est bien tout le contraire qui s’est produit en fait. J’ai terminé Le Cercle dans la douleur, mais j’ai tenu bon et j’en ai, finalement, tiré beaucoup de bonnes et de belles choses. Il faut dire que je partais déjà avec une certaine appréhension et connaissance du style de l’auteur, puisque j’avais déjà pu lire Glacé (qui m’avait laissé un bon souvenir, mais sans plus) et Nuit (qui a été très difficile à terminer). Alors, je sais. J’aurais pu lire la série Servaz dans l’ordre et cela m’aurait peut-être permi de mieux appréhender l’Histoire qui se déroule dans les romans de Bernard Minier, ainsi que ce jeu d’échec entre le personnage de Servaz et celui du serial killer Julian Hirtmann. Mais bon, je ne fais jamais comme tout le monde et je m’en porte bien.
Alors, en commençant Le Cercle, je savais à peu près à quoi m’attendre et je dois dire que j’ai quand même été pris de court, tant l’auteur est à contre-courant de ce qui se fait dans le monde du thriller francophone depuis quelques années déjà. Bernard Minier est un peu un OVNI dans le paysage français, puisque celui-ci n’offre pas un thriller survitaminé qui va très vite, qui est haletant, tout en nous offrant des scènes qui restent gravées sur nos pupilles. Non, Bernard Minier lui prend son temps. Il explore tranquillement son enquête, la psychologie de chacun de ses personnages et plus particulièrement celui de Servaz. L’auteur use d’une plume intelligente, méticuleuse, qui se promène et qui nous amène tout doucement vers la résolution de l’enquête. Il y a beaucoup de réflexions dans l’écriture de Bernard Minier et cela m’a quelque peu déstabilisé. Pourquoi ? Tout simplement parce que je ne suis pas habitué à ce genre d’égarement, qui me semble pas toujours utile, mais qui suis-je pour juger ?

Je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé Le Cercle. La lecture a été lente, mais enrichissante tout de même pour moi. Je dois dire que cela fait quand même du bien de plonger dans un thriller qui souhaite prendre son temps, quitte à nous perdre par moments. Je ne ressentais peut-être pas l’excitation de la lecture, celle qui te reste en tête et qui fait tout pour que tu y retournes dès que tu as un moment de pause. Mais, Le Cercle de Bernard Minier m’a tout de même permis de m’évader, de penser à autre chose et de me plonger dans les Pyrénées. L’enquête, minutieuse au possible, ne m’a toujours convaincu de par son rythme, mais ça je crois que vous l’avez compris, mais aussi par ses enjeux. J’ai beaucoup aimé tout ce qu’il y avait autour de l’enquête principal et cela passe par le personnage de Julian Hirtmann, que l’on ne voit pas, mais dont l’aura machiavélique plane au-dessus de ce campus universitaire et du personnage de Martin Servaz. J’ai aimé ce mystère et je crois que je n’aurais pas voulu que cela se passe autrement. Ce personnage de l’ombre a le rôle qu’il lui faut. Un rôle de l’ombre, mais qui marque le lecteur au fer rouge. Toujours aussi mystérieux, celui-ci semble être, à la fois toujours derrière nos personnages, mais aussi très loin de tout ça. Le reste de l’enquête est somme toute assez classique dans le genre et n’apporte que très peu de rebondissement. Le mystère est bien là, dosé à la perfection, bien que celui-ci manque un peu de saveur. Mais la force de roman n’est pas à chercher du côté de l’enquête et du thriller, elle est à chercher du côté du dramatique de la situation. Que ce soit dans la relation que Servaz entretien avec sa fille, avec son, son ancien ami, mais aussi avec la connexion qu’il a avec Hirtmann. 


J’ai terminé Le Cercle avec une drôle de sensation. Celle de ne toujours pas être convaincu par de nombreuses choses, mais aussi avec celle d’avoir envie d’y retourner… C’est assez paradoxale de vouloir continuer une série ayant pour personnage principal, un commandant de police que l’on n’arrive pas à apprécier, que l’on n’arrive pas à saisir et auquel on ne croit pas une seule seconde. Mon principal problème, c’est Servaz. Un personnage qui ne me paraît pas crédible pour un sous, un peu pédant et qui s’exprime avec des phrases en latin. La lecture doit être un plongeon dans un autre univers, mais Servaz paraît faux à mes yeux… Je ne vous demande qu’une chose. Essayez de m’ouvrir les yeux sur ce personnage, donnez moi les raisons de votre amour pour lui, essayez de me faire changer d’avis, car je sens qu’il y a quelque chose derrière tout cela que je n’arrive pas à voir.
En tout cas, je vous recommande Le Cercle de Bernard Minier, surtout si vous cherchez autre chose qu’un thriller survitaminé. 

10 réponses »

    • Merci beaucoup ! J’avais peur de ne pas réussir à transmettre cette frustration entre le « J’ai pas aimé » et le « Il y a quand même du bon ». J’espère que la suite sera meilleure 😁

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  1. De mon coté j’ai lu Nuit et Sœur de cet auteur et j’ai beaucoup de mal à accrocher avec le personnage de Martin Servaz. Je trouve ses réactions très curieuses. Les multiples références à ses enquêtes précédentes sont un chouilla agaçantes et comme tu le dis si bien le rythme est somme toute assez lent. Je n’ai pas eu le courage de lire les précédents XD Mais qui sait, un jour peut être ^^

    Aimé par 1 personne

    • Il ne faut surtout pas te forcer et commentaire me rassure dans ma position et mon ressenti. Je vais quand même tenter la lecture du suivant, histoire de me faire un dernier avis 😉

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