Cinéma

Cujo de Lewis Teague (1983)

Triste jour pour Donna et son fils Tad. Leur voiture est tombée en panne au beau milieu d’une cour déserte. Les secours arrivent sous la forme d’un Saint-Bernard enragé qui les assaille inlassablement.

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Depuis l’adaptation de Carrie par Brian De Palma en 1976 et de Shining par Stanley Kubrick en 1980, les écrits de Stephen King ne cessent de faire les yeux doux au cinéma. Les adaptations de ses romans vont alors se multiplier, pour des résultats pas toujours très bons. L’année 1983 ressemble fortement à ce que l’on connaît depuis 2017, puisque l’auteur voit trois de ses romans adaptés en long métrage. On retrouve donc Christine par John CarpenterDead Zone de David Cronenberg et donc Cujo de Lewis Teague.
Pourtant le projet de Cujo n’est pas parti sous les meilleurs auspices, puisque c’est Peter Medak (La Mutante 2) qui devait être à la réalisation, mais celui-ci a quitté le navire après seulement deux journées de tournage.
C’est donc Lewis Teague qui sera contacté par les producteurs, à la demande de Stephen King lui-même, pour venir réaliser ce long métrage. Le reste de l’équipe ne changera pas pour autant et c’est ainsi que l’on peut retrouver l’actrice Dee Wallace (Hurlements, 1981 et E.T. en 1982), mais aussi Christopher Stone que l’on pouvait retrouver également dans Hurlements.

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Bien que les équipes du film simplifient le roman initial et suppriment totalement le côté surnaturel, afin de se concentrer sur les personnages et plus particulièrement sur celui de Donna Trenton (Dee Wallace), Cujo n’en reste pas moins une très bonne adaptation de l’oeuvre de Stephen King. Lewis Teague traite ce long métrage de la même façon que Stephen King, puisque le réalisateur va prendre son temps pour installer ses différents éléments narratifs. La première partie pourra alors vous paraître quelque peu ennuyante, mais ce n’est que pour mieux revenir dans sa seconde partie.
Cujo ne parle pas que d’un énorme Saint-Bernard souhaitant manger tout le monde, mais l’histoire évoque avant tout la notion de famille. On pourrait d’ailleurs rapprocher cette oeuvre à celle de Shining, puisque la famille semble propre en apparence. Le père semble avoir un bon travail, la mère de famille est dévouée et souriante et ils semblent éduquer leur fils à la perfection. On se rendra compte, après plusieurs scènes, que les apparences sont parfois trompeuses et qu’il suffit de gratter sous le vernis pour voir apparaître les soucis. Le réalisateur ne va pas nous lancer ça d’un coup, mais il va y aller par couche avec quelques regards, de la gêne, mais aussi les silences qui en disent énormément. Ces éléments vont alors détruire petit à petit la famille de l’intérieur et cela va nous permettre de nous attacher à ces personnages.

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Parallèlement à cela, la réalisation de Lewis Teague va nous permettre de suivre les premières escapades de Cujo, mais aussi ses premiers meurtres. Le réalisateur va y aller tout aussi tranquillement que pour ses personnages et nous allons voir les morts de façon subjective. Cependant, je pense que ces différentes scènes ont dû en choquer plus d’un à l’époque, puisque Cujo est véritablement horrible à voir. Les babines retroussées, les aboiements et le poil collant de terre, de sang et de bave.
Il est alors intéressant de voir que Lewis Teague a réellement décidé de rester dans une réalisation sobre et classique dans cette première partie, si bien que l’on pourrait comparer Cujo au naturalisme des Oiseaux d’Alfred Hitchcock.

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C’est dans sa deuxième et dernière partie où Cujo devient véritablement prenant et intéressant, puisque Lewis Teague réalise un huis-clos prenant et suffocant. C’est dans cette partie que le réalisateur fait preuve d’une réelle maîtrise de sa caméra, notamment lors des assauts répétés de Cujo contre la voiture de Donna et de son fils. Pour rendre le tout insupportable pour ses personnages, mais aussi pour nous, le réalisateur offre certains plans d’une ingéniosité incroyable, comme celle où la caméra tourne à 360 degrés autour de la voiture, afin de nous évoquer la folie qui augmente petit à petit. Lewis Teague a également demandé à ses équipes techniques de lui mettre à disposition une voiture démontable, afin de mettre en oeuvre des mouvements de caméra et des angles impossibles à reproduire habituellement. Toutes ces techniques font que nous sommes, nous aussi, enfermé dans cette voiture et nous subissons les horribles assauts de ce chien malade. Le stress est à son comble et nous partageons la même peur que Donna et son fils.

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Bien que la fin soit moins brutale et pessimiste, il est difficile de ne pas voir Cujo comme une adaptation réussie du roman de Stephen King. D’ailleurs, l’auteur préfère la fin de cette adaptation à la sienne.
La tension de la dernière partie permet de pardonner la lenteur du début, même si celle-ci est utile au développement psychologique des personnages et à l’avancement de l’histoire.

Et si vous voulez en savoir un peu plus sur Stephen King et son actualité, je vous invite à vous rendre sur le Club Stephen King.

5 réponses »

    • Tu n’auras pas réellement de surprise en regardant cette adaptation, puisqu’elle suit relativement bien les événements du roman. Par contre, je trouve dommage qu’ils aient mis de côté toute la dramaturgie autour des personnages…

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  1. Je n’avais gardé le souvenir que de la partie survival, huis clos dans l’habitacle de la voiture (ah si les téléphones portables avaient existé) très efficace. Je n’avais pas souvenir de tout le développement des personnages et de cette très belle photo qui sert d’illustration au crépuscule du calvaire. Il est vrai qu’entre Carpenter et Cronenberg, le nom de Lewis Teague fait un peu pâle figure. Je note néanmoins que son « Cujo » a conservé toute son efficacité originelle. Étonnant qu’on ait pas eu encore un remake.

    Aimé par 1 personne

    • C’est vrai que nous sommes assez loin des grands noms de l’horreur et du fantastique, mais il faut avouer qu’il se sort plutôt bien. Je pense que ça devrait arriver assez vite compte tenu de la nouvelle vague autour des adaptations et remake du maître de l’horreur. Cujo fait parti de ses plus connues et ça me fait peur…

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