Cinéma

The Shape Of Water de Guillermo Del Toro

Bonjour à toutes et à tous,

On se retrouve aujourd’hui pour parler une nouvelle fois de cinéma et surtout DU film que j’attendais le plus en ce début d’année. Comme vous avez pu le voir, je vais vous parler de The Shape Of Water (La forme de l’eau) de Guillermo Del Toro. Vous ne savez sans doute pas, mais ce réalisateur mexicain fait pleinement parti de ceux qui arrivent à me transporter, à me faire voyager dans un univers. Guillermo Del Toro réussit à rendre magnifique la monstruosité et il suffit de voir Le Labyrinthe de Pan pour s’en rendre compte. Je suis fan de ce que ce réalisateur peut apporter en termes de mises en scènes, de colorimétrie et d’atmosphère.
The Shape Of Water me fait de l’œil depuis les premières annonces et je trépignai depuis quelques jours… Je l’ai enfin vu et je vais vous dire ce que j’en ai pensé.

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Synopsis :

Modeste employée d’un laboratoire gouvernemental ultrasecret, Elisa mène une existence solitaire, d’autant plus isolée qu’elle est muette. Sa vie bascule à jamais lorsqu’elle et sa collègue Zelda découvrent une expérience encore plus secrète que les autres…

Véritable conte de fée fantastique

Guillermo Del Toro propose un conte de fée pour les personnes qui arrivent encore à rêver et à s’émerveiller de tout. Ce fût le cas pour moi et je suis entré dans son univers dès les premières secondes pour n’en ressortir que deux heures plus tard. Le réalisateur propose une histoire d’amour entre deux êtres incompris de tous. Véritable poésie, The Shape Of Water offre une histoire magnifique et à laquelle nous pouvons croire. L’amour est au cœur de cette histoire, mais elle imbrique d’autres axes thématiques, notamment avec les personnages gravitant autour d’Elisa.  Del Toro profite du contexte de la Guerre Froide pour évoquer une époque où l’espionnage était important et la ségrégation raciale et sociale étaient ouvertement revendiquées. C’est ainsi que nous allons voir graviter un mystérieux scientifique, une femme de ménage afro-américaine jouée par Olivia Spencer et un artiste peintre homosexuel qui essaye de faire valoir son talent, qui est incarné par Richard Jenkins. Ces thématiques sont tout de même moins développées que l’histoire d’amour entre Elisa et le monstre aquatique. Cependant, Guillermo Del Toro réussit à mélanger toutes les thématiques avec brio, sans pour autant casser le rythme de son film. Les deux heures passent à une vitesse folle, à condition d’entrer dans cet univers fantastique.

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Cette histoire ne serait rien sans son personnage principal et cette créature aquatique. Sally Hawkins est magistrale pour le rôle d’Elisa et la nomination aux Oscars est vraiment légitime. Sally Hawking offre une prestation magnifique avec ce personnage. Elisa est une jeune femme muette, qui se sent différente par rapport aux autres. Elle a besoin de quelqu’un qui la regarde pour ce qu’elle est et c’est avec cette créature que son souhait va être exhaussé. Comme le personnage est muet toute la palette des sentiments passe par les regards et le visage. Elisa semble naïve de prime abord, mais on se rend facilement compte que c’est une jeune femme espiègle, notamment lors des confrontations avec le gardien et tortionnaire de la créature.
Pour en revenir à la créature, je tiens à souligner le magnifique travail autour de cette créature. Dans une industrie cinématographique où le CGI prime, Guillermo Del Toro continue à nous proposer des monstres fait de prothèses. La créature est directement inspirée de L’étrange créature du lac noir de 1954 et ce travail artistique est magnifique. Le monstre est bien réel. Il nous intrigue, nous fascine et nous fait un peu peur par moment.

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Que serait un conte de fée et une histoire de Guillermo Del Toro sans son méchant ? Rien du tout. Le réalisateur offre un rôle de premier choix pour Michael Shannon qui entre pleinement dans la catégorie des plus gros connards de l’univers. Époque oblige, Richard Strickland est assez caricatural. Il est arrogant, raciste, misogyne, violent et ne voit que sa propre vision de la réalité. Véritable tortionnaire avec la créature, il ne conçoit pas qu’être différent n’est pas un mal… Plus qu’un antagoniste, Richard Strickland est une vision du conformisme américain de cette époque. Guillermo Del Toro nous prouve encore une fois que le monstre n’est peut-être pas celui auquel on s’attend. La méchanceté, la monstruosité est décelable chez les Hommes et c’est un message que le réalisateur nous fait passer depuis son tout premier long métrage.

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Un film magnifique

Guillermo Del Toro et son équipe offre une nouvelle fois un film terriblement beau. La direction artistique est splendide, ce qui permet à cette histoire d’amour de prendre une ampleur poétique.
Le film regorge de détails dans ses décors, notamment dans ceux du laboratoire, qui pourront faire penser à celui de Hellboy. La mise en scène est sublime, surtout lors des plans aquatiques. La scène de la salle de bain est tellement enivrante qu’elle nous fait du bien. D’autres séquences me marquent encore aujourd’hui grâce à la maîtrise du cadre et des lignes. L’ambiance autour de cette histoire est sublime. Del Toro nous fait entrer dans son univers avec beaucoup de facilité et nous laisse rêveur.
La musique a également joué un rôle important dans cette immersion, puisque j’ai eu l’impression d’atterrir réellement dans les fonds aquatiques. De plus, ce côté poétique et mélancolique de bande originale colle parfaitement à l’amour naissant entre nos deux personnages.

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Je l’ai évoqué un peu plus haut, mais le cinéma de Guillermo Del Toro est marqué par sa colorimétrie, souvent à base de rouge, de bleu, de vert et de jaune. Encore une fois, Del Toro nous gratifie de sa vision fantastique des couleurs et nous donne une colorimétrie maîtrisée de bout en bout. Celle-ci permet de mettre en évidence certains points de caractères ou d’ambiances au sein de son histoire. Chaque couleur a une utilité bien précise et ce travail m’a encore une fois émerveillé. Il est difficile d’analyser correctement les couleurs, mais je dirais que la teinte verdâtre qui caractérise le laboratoire et Strickland pourrait renvoyer au conformisme de cette société. Le rouge qu’Elisa porte sur elle (manteau, serre tête et chapeau) pourrait renvoyer à sa différence, à sa voix d’opprimé, sa révolte. Tandis que le bleu représenterait l’amour, la sexualité qui unie Elisa et la créature. J’extrapole peut-être, mais c’est ce que je ressens encore aujourd’hui.

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The Shape Of Water ou La forme de l’eau de Guillermo Del Toro est véritablement LE film de ce début d’année et toutes les nominations et prix que le film a reçu sont tout à fait légitimes. Véritable conte de fée fantastique pour adulte, The Shape Of Water est un film pour ceux qui osent encore rêver. Cette histoire d’amour est sublime et a su me transporter durant deux heures. Un film que je vous conseille fortement d’aller voir, pour sa poésie, sa beauté visuelle et la force de ses personnages.

 

5 réponses »

  1. Ta chronique est magnifique et, je veux le voir (oui je n’arrête pas de le dire :’)), je pense que j’emmènerais mes sœurs au cinéma demain et je me prendrais une place pour le voir, je verrais bien !

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  2. Je l’ai vu hier, peut-être que j’en ferai une chronique également ! 🙂
    En tout cas j’ai beaucoup aimé !

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