L’amulette de Michael McDowell : Destination Finale avant l’heure

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Voilà, j’ai cédé à la tentation. Après les avoir vu inonder nos librairies, les contenus sur les réseaux sociaux et surtout entre les mains de ma femme, j’ai fini par me laisser tenter. La folie Michael McDowell s’est emparée de moi et j’ai découvert son tout premier roman, L’amulette, publié aux Éditions Monsieur Toussaint Louverture. Est-ce que la découverte de ce romancier est à la hauteur de l’attente et de sa réputation ? Réponse dans les prochaines lignes

La 4eme de couverture

Alabama, 1960. Alors que Dean Howell fait ses classes avant d’être envoyé au Vietnam, un accident sur le champ de tir le laisse dans un état végétatif. Sa femme Sarah voit sa vie déjà morne devenir une agonie sans fin : après d’harassantes journées à l’usine, elle doit laver et nourrir son mari léthargique, tout en supportant son odieuse belle-mère, Jo, qui accuse la ville entière du sort de son fils. Lorsqu’elle offre une étrange amulette à l’homme qu’elle tient pour responsable, se met en branle une implacable danse macabre. Et tandis que les meurtres inexplicables et les morts accidentelles s’enchaînent à un rythme diabolique, Sarah doit faire face à l’impossible réalité : cette amulette joue peut-être un rôle central dans cette hécatombe et elle doit à tout prix mettre la main dessus. 

L’amulette : Destination Finale avant l’heure

Le premier constat que je peux faire en refermant L’amulette de Michael McDowell, c’est que celui-ci dispose d’une écriture très visuelle et très sensorielle et ce, dès son premier roman. Une qualité et une force qu’il met en avant dans ce roman. C’est simple, le romancier américain nous projette dans son univers et surtout dans cette petite bourgade où tout le monde semble se connaître depuis des décennies. C’est également le rythme effréné qui marque ce premier roman. Les chapitres sont courts, l’action ne faiblit jamais et Michael McDowell joue avec notre curiosité pour que l’on aille toujours plus loin. L’amulette est le genre de roman qui se lit en seulement quelques heures. 

Cette écriture visuelle se met au service de son ambiance et de son envie de nous offrir un roman d’épouvante digne de ce nom. Tout commence par une scène de prologue explosive et aux conséquences morbides. Il suffit de voir les quelques passages évoquant la première victime pour que des images viennent se graver dans notre esprit. J’admets bien volontiers que cette vision m’a perturbé plus d’une fois et à emmener mon imagination très loin dans le glauque.
Pour le reste, L’amulette de Michael McDowell joue sur une recette simple, souvent répétitive, mais qui fonctionne plutôt bien. Pour la faire simple, on peut voir ce premier roman comme une ébauche de la série de films Destination finale. L’amulette prend ici la place de la mort et quiconque entre en possession du bijou prend un risque énorme d’être tué dans ces circonstances étonnantes ou d’être pris d’une folie meurtrière. 

La forme du roman s’articule donc souvent de la même façon et le procédé peut être redondant à la longue. Mais il a tout de même ce pouvoir de nous happer et de nous pousser à essayer de deviner ce qu’il va bien pouvoir se passer et comment la personne va périr. La curiosité est un vilain défaut et Michael McDowell l’a très bien compris. Celui-ci nous offre des scènes horrifiques parfaites, souvent explicites et qui peuvent amener de nouvelles peurs dans nos esprits.
Cependant, derrière tout ça, il y a tout de même une enquête qui s’ouvre sous nos yeux. Une concitoyenne trouve cela très bizarre et à vite compris que L’amulette jouait un rôle dans cette tuerie. Dès lors, les questionnements fusent. À qui appartient vraiment ce bijou ? Comment le maléfice est arrivé ici ? Comment le bijou fonctionne réellement ? Comment peut-on arrêter cette catastrophe ? De nombreuses questions qui ne trouveront pas forcément de réponse… 

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Pour finir, S’il on met de côté la partie horreur de L’amulette, on peut déceler les prémices d’une envie de parler de son époque, de l’Américain moyen vivant dans une petite bourgade. Michael McDowell nous dresse un portrait réaliste de son univers et donne vie à chacun de ses personnages. Le romancier évoque l’envoi des jeunes Américains pour servir le pays au Vietnam, il nous parle du rôle de la femme et du début de son émancipation au sein de la société. Le roman évoque également la question du racisme et de la ségrégation, sans pour autant entrer dans les détails.
Tout cela permet de voir que le romancier en a sous la main et qu’il pourrait être capable d’aller plus loin, de créer un univers plus complexe et plus dense à l’avenir. Mon petit doigt me dit que ça a été le cas avec son roman feuilleton Blackwater

En bref, L’amulette de Michael McDowell est une entrée en matière simple, mais qui donne envie de creuser le sujet. 

Vous l’aurez compris, je peux dire que j’ai passé un agréable moment de lecture avec L’amulette de Michael McDowell. Si son premier roman peut sembler un peu répétitif dans sa forme, il est indéniable qu’il y a ici, tout ce qu’il faut pour aller encore plus loin. Si vous aimez les romans qui nous immergent dans leurs univers et les descentes en enfer, alors vous pouvez vous procurer ce roman sans aucun souci. En tout cas, je vais réitérer mon expérience avec l’auteur. J’hésite entre son Katie et son roman feuilleton Blackwater

3 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Avatar de couriretlire couriretlire dit :

    Perso, je les ai tous aimé

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    1. Avatar de tomabooks tomabooks dit :

      Il y en a un que tu me conseilles plus particulièrement ?

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  2. Avatar de laplumedelulu laplumedelulu dit :

    Essaie de lire Katie ou les aiguilles d’or. Tu te feras une idée pour attaquer Blackwater.

    Merci à toi pour le partage de la chronique 🙏 😘

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