La Gula d’Efsy Washington : Un thriller choc qui dérange

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“Un polar et encore plus un thriller doit, à mon sens, bousculer les lecteurs, les faire sortir de leur zone de confort, éprouver du dégoût, de la terreur et de la répulsion. Ce genre de livre ne doit pas les laisser indemnes lorsqu’ils le renferment mais au contraire, les pousser à réfléchir voire les choquer. L’art est fait pour choquer”. C’est sur ces quelques mots que s’ouvrent La Gula, le roman de l’auteur qui se cache derrière le pseudonyme Efsy Washington disponible aux Éditions Magnus. Quelques mots que j’aurais pu écrire, tant c’est ce qui fait, selon moi, tout le sel de ce genre si particulier. J’espère que vous êtes bien accrochés, parce que La Gula bouscule comme il faut. 

La 4eme de couverture

Toute ressemblance avec des personnages connus est voulue et assumée

Un ancien ministre favori des présidentielles, accusé de viol.

Un tueur en série insaisissable qui s’en prend à des jeunes femmes depuis les années 90.

Une justicière de l’ombre qui élimine les tueurs de femmes.

Une flic surdouée, presque trop.

Quatre personnages dont le destin va se croiser.

La Gula : Un thriller choc qui dérange

La Gula commence de manière à nous positionner dans un doute qui ne va plus nous quitter. Qui écrit ces quelques lignes dans l’avant-propos, l’auteur ou un des personnages évoquant la genèse de sa rencontre avec un autre personnage ? La frontière est floue et elle le sera toujours autant en lisant le prologue/remerciements. Bref, Efsy Washington nous met en garde, nous fait saliver et autant vous dire que vous n’êtes absolument pas prêts pour ce qui va suivre et ce que l’on va tout de suite avoir devant les yeux. Le romancier nous offre la possibilité de suivre au plus près le tueur qui observe sa proie. On le sait, on le sent, la suite ne va pas être une partie de plaisir et ça se confirme quelques instants plus tard avec une scène d’horreur d’anthologie. Le romancier réveille nos bas instincts, nous dégoûte, nous révulse, sans pour autant réussir à nous faire quitter des yeux cette scène qui s’offre à nous. Vous l’aurez compris, Efsy Washington annonce la couleur, mais aussi l’odeur. Vous n’êtes pas prêts. 

La suite est tout aussi brillante, puisque l’on va suivre la descente en enfer d’un politique français qui se voit accuser de viol et de violences quelques semaines avant le début des présidentielles. Le choc est grand, la chute n’est que plus terrible, d’autant plus que celui-ci clame son innocence. Sauf qu’il est trop tard et que La Gula déploie la violence du tribunal populaire, de cette chasse aux sorcières qui a repris et qui semble sévir partout dans le monde. Efsy Washington nous immerge dans une situation aussi absurde qu’habituelle où le “camp du bien” semble pris d’hystérie collective pour devenir bien pire que ce qu’il combat. La présomption d’innocence n’existe plus, ainsi que le temps de la réflexion à l’heure des réseaux sociaux, de la recherche du scoop, quitte à mentir. 

Avec La Gula, Efsy Washignton nous immerge dans la réalité, dans le vrai monde où la moindre décision, la moindre parole a des répercussions que l’on ne contrôle absolument pas. On tourne ainsi les pages avec avidité, tant on est pris par la plume de l’auteur qui donne cette impression de descendre des meilleurs auteurs de romans noirs nord-américain, mais aussi par sa lucidité et par cette faculté incroyable à donner un gros coup dans la fourmilière. Vous l’aurez compris, La Gula est une œuvre à part. 

Et puis, en parallèle de cette descente en enfer, il y a l’enquête, la mort et la destruction qui nous attendent. Une piqûre de rappel pour nous montrer que la vie n’est pas aussi douce, que la violence ne fait que monter et que ce qu’on lit habituellement dans les autres romans est une version édulcorée. La mort, c’est moche, violent, horrible et Efsy Washington déploie tout son talent pour nous offrir des scènes qui resteront à jamais gravées dans nos mémoires. Impossible de retourner en forêt de sitôt ou de boire quelques verres de Ricard. Comme énoncé précédemment, La Gula est là pour dégoûter, faire réfléchir et révulser son lecteur. Pari gagné haut la main, surtout quand la dure réalité vient nous rattraper ! La réalité ne laisse personne indemne et permet au romancier de tirer sa révérence sur un coup de maître, nous laissant sans voix. 

En bref, La Gula d’Efsy Washington est une oeuvre choc unique

Vous l’aurez compris, La Gula d’Efsy Washington est le genre de roman qu’il ne faut pas mettre entre toutes les mains et qui pourtant ferait du bien à tout le monde. Le romancier bouscule les codes, dénonce, déploie la noirceur de notre société pour nous offrir un spectacle de souffrance, d’absurdité et d’horreur. La Gula pousse à la réflexion et nous pousse dans nos retranchements pour notre plus grand plaisir. Vous l’aurez compris, il faut absolument vous jeter dessus !

4 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Avatar de laplumedelulu laplumedelulu dit :

    Je me noie dans ma salive 😍. Ça a des airs de la cour des mirages, non ? Seulement des airs. Ou pas. En tout cas, ça donne envie. Merci à toi pour la chronique 🙏 😘

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    1. Avatar de tomabooks tomabooks dit :

      On est pas sur la même thématique et je dirais que le ton est plus acerbe avec La Gula. Mais ça peut largement te plaire 😁

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      1. Avatar de laplumedelulu laplumedelulu dit :

        Et tu enfonces le clou. 😁

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  2. Bon, je dois avouer que j’avais lu le premier de « Efsy », joueuse et intriguée par l’expérience. Mais je n’avais pas aimé, ni le style ni le contenu. Je n’ai pas récidivé avec le second tome car pour moi, l’expérience Efsy était censée prendre fin avec la révélation de son identité. Ce tome a l’air de n’avoir rien de commun avec les précédents, mais il reste que ce « mystère Efsy » reste entier. Ça, j’admets que ça m’énerve un peu 🙃

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