Contemporain

La combinaison de Félix Lemaître : de la noirceur et du cynisme pour une oeuvre hybride

Ça y est nous y sommes, la rentrée littéraire commence à faire des ravages dans les librairies et dans les émissions dédiées à la littérature. Autant vous dire que j’ai le cul entre deux chaises à l’heure actuelle, puisque cet événement ne m’intéresse pas plus que ça, bien qu’il apporte un certain élan à la consommation de livres. Je n’ai pas pour habitude de réellement y participer, bien que je lise deux ou trois romans à ce moment précis et cette année ne fera pas exception à la règle. 

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un roman court, parfaitement cynique, tout en étant à contre-courant de ce que l’on peut retrouver actuellement. Oeuvre hybride par excellence, La combinaison de Félix Lemaître, paru aux Éditions du masque, va sûrement faire parler d’elle. 

La 4eme de couverture

Les jambes arquées dans la moquette, Christian se contemple du haut de ses quarante-sept ans dans la glace de l’armoire normande. Il gonfle le torse, étirant l’espadon sur son plastron. Moulé par le néoprène, il s’inquiète du col conquérant qui comprime la base de sa gorge puis fait des ronds avec ses coudes. Le voilà domestiqué par la chaleur et l’odeur, encore plus irrésistible que celle d’une bagnole neuve.

Il sourit. Dans son fuselage noir, il en oublie presque la chaire pendante sur le porte-manteau de ses épaules. Même ses profils, qui le rappelaient d’ordinaire à son ventre perpétuellement gonflé, modèrent leurs brimades. Sa peau, elle, se tait. Ce grand garrot en plastique l’enivre de sa promesse : ne rien sentir, ou si peu. Christian, quarante-sept ans, est animateur de supermarché en Picardie.

Un prêcheur des rayonnages, un bon soldat de la grande distribution. Mais son métier est aussi anachronique que son prénom. Le jour où l’économie de marché l’expulse et où il rejoint le rang des chômeurs, sa vie prend l’eau. Sa combinaison de plongée devient alors sa nouvelle peau. Une mue qui va nécroser sa famille et révéler la violence des habitants de la petite ville de Saint-Fossé. Chasseurs, petites frappes, mères de famille et réseaux sociaux vont se mêler à sa crise existentielle.

Ou quand la fuite d’une seule personne crée un tsunami au milieu des pavillons, des zones commerciales et des champs de betteraves… Un premier roman noir incisif qui raconte l’histoire d’un homme en apnée face à l’absurdité et à la brutalité du monde qui l’entoure.

La combinaison : de la noirceur et du cynisme pour une oeuvre hybride

Cette chronique sera simple, rapide et sans concession, à l’image de ce roman particulier. Parce que La combinaison est le genre d’oeuvre qui en perdra plus d’un en route, de par son style, son ton, voire de son ambiance. Rien de véritablement noir dans ce roman, bien que l’auteur, Félix Lemaître, nous plonge dans la descente en enfer d’un père de famille qui voit sa vie et ses rêves se briser avec le chômage. Dès lors, une transformation se met en place pour cet homme et celle-ci ne va pas faire du bien à tout le monde. Qu’on se le dise, il ne manquait plus qu’un petit coup pour que celui-ci pète littéralement un plomb, mais sans faire de mal à personne. Vous voyez Hal dans la série Malcom ? Et bien, vous avez le même, mais en moins amusant.

Tel un Quentin Dupieux, l’auteur va faire entrer de l’absurde pour nous parler du mal qui entoure et qui ronge son personnage principal. Cette combinaison devient la nouvelle peau de cet homme, comme cette veste en daim pour Jean Dujardin. Félix Lemaître nous parle d’un homme qui ne croit plus en rien, qui souhaite seulement s’enfermer dans son rêve fou d’aller faire de la plongée sous-marine en Guadeloupe. Cette combinaison, c’est son rêve. Il s’y accroche, ne pense plus qu’à ça et se désintéresse totalement du reste du monde. Sauf que celui-ci ne s’arrête pas de tourner pour autant et ses proches, ainsi que les habitants de son village ne semblent pas réellement comprendre cette facétie de sa part. Mais cette apparente folie n’est là que pour renvoyer le reflet de la folie humaine et des comportements de certaines personnes. 

La tension va ainsi monter au fil des pages et l’envie d’en savoir plus va aussi entrer en compte. La combinaison pourra vous sembler avare en rebondissements, actions, voire en dialogues, mais vous allez vous prendre au jeu et vouloir comprendre jusqu’où tout cela pourra bien aller. Autant vous dire que vous n’êtes vraiment pas prêt pour la montée en puissance de cette histoire. C’est une vision cynique que nous offre Félix Lemaître avec ce roman qui nous plonge dans la vie réelle, dans les difficultés du français moyen qui perd tout du jour au lendemain, d’un homme en perte de repère, qui ne voit plus où est sa place au sein d’une cellule familiale et qui finit par abandonner son rôle. La violence physique et psychologique que l’on retrouve dans d’autres romans noirs, finit par se muer en une violence du quotidien, dont nous sommes victimes. En somme, La combinaison est une oeuvre à la fois étrange et saisissante, à condition de réussir à entrer dans ce drôle d’habit.


La combinaison est le genre de roman qui pourrait se faire engloutir par les mastodontes de la rentrée littéraire et pourtant, celui-ci a tout ce qu’il faut pour faire parler de lui, pour diviser les critiques et lecteurs. Ne passez pas à côté de cette œuvre unique et laissez vous porter par son cynisme ! 


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