Littérature

Invisible de James Patterson: PEE (Poignant, Efficace, Explosif)

Je ressors aujourd’hui une ancienne chronique de mon blog, datant de Mai 2018 (un peu plus d’un an donc), afin de vous présenter le meilleur James Patterson que j’ai lu à ce jour. Je ne lis cet auteur que pour sa collaboration avec David Ellis, qui pour ceux qui me connaissent peu, est un de mes auteurs favoris. Bonne lecture !

Ce livre est issu de ma troisième collaboration avec les éditions archipel et je les en remercie infiniment pour leur confiance, plus particulièrement Mylène.

C’était le premier James Patterson que je lisais. On m’a souvent vanté ses romans, comme Océane qui les adore. Mylène m’avait cependant dit que la popularité de l’auteur et son succès étaient en perdition. Mais que nenni, je voulais ce livre depuis sa sortie et dès que je l’ai eu entre les mains, j’ai pu plonger au sein d’un thriller complet, écrit par l’écrivain de thriller le plus lu au monde. Ce qui m’avait d’abord attiré sur ce livre, c’est la collaboration avec David Ellis, un de mes auteurs favoris dans le thriller juridique. J’imagine qu’il a pu apporter son aide et son écriture par moment mais je n’ai pas vraiment relevé son style. Ensuite, le résumé parlait de lui-même et m’évoquait beaucoup de choses. Je me suis souvent questionné sur la nature de certains incendies et je savais de sources sures que des incendies pouvaient être criminels sans que l’on aient des preuves immédiates de cette vérité. Dès les premières pages, le livre m’a captivé. Mon premier James Patterson fut un grand succès et je vous en parle de suite, j’en brûle d’impatience.

Il existe de ces livres qui détonne en nous comme une évidence à la fin d’une lecture. Lorsque tous les éléments sont présents, que les braises continuent de brûler au sein de notre ventre, que les souvenirs se ravivent dans les jours qui suivent, par des anecdotes de lecture ou que l’héroïne est toujours présente à vos côtés après avoir refermé un bouquin, vous savez que vous tenez un de ces livres importants, qui marque votre vie de lecteur. Je ne clame pas haut et fort que l’auteur est un génie. Je n’affirme pas de lire tous ses livres dès que vous lirez ceci. En revanche, j’exprime avec certitude que ce livre est un des thriller les plus complets qu’il m’a été donné de lire.
Le personnage principal, Emmy Dockery, est analyste pour le bureau du FBI. Dès le début du livre, elle est déjà au fond mentalement. Mais elle continue à y croire, à aller au bout de ses convictions. Et malgré tout elle sombre peu à peu psychologiquement. L’enquête menée par elle, son ancien petit-ami et un petit comité au FBI est crédible tout en étant efficace. D’abord infructueuse, puis comportant des éléments qui concordent, l’enquête se met en place et notre soif de savoir brûle en nous. Tous les feux sont au vert pour découvrir cette éclatante vérité.

Il ne faut pas se leurrer, au plus un personnage est psychologiquement bien construit, qu’il souffre sur de nombreux points, qu’il se démène corps et âme, parfois seul contre tous, au plus on l’apprécie et on le soutient. Emmy est un personnage que je respecte dans son entièreté et qui m’a comblé par tant de ténacité et de hargne, car:
– Malgré les relations compliquées avec son patron, qui lui fait des avances et propositions douteuses en la menaçant de la virer (au passage on soulève les rapports H/F au travail et la place de la femme dans tout ça).
– Malgré l’attitude compréhensible mais difficile de son ancien petit-ami, qu’elle a plaqué à 3 mois de leur mariage.
– Malgré les pompiers, journalistes et membres du bureau qui la prenne pour une folle, ne croyant pas à l’accident dans lequel a péri sa sœur huit mois plus tôt, où elle seule évoque et pointe du doigt un meurtre…
Emmy a beaucoup évolué dans ce roman, en se posant mille et une question, mais elle est restée droite, avec pour seul but de coincer le salaud, le monstre qui a assassiné sa sœur.

Mais Emmy, c’est aussi le personnage chiant que l’on aime. Non pas chiant car ennuyant, mais chiant dans le sens où c’est la personne qui va aller à l’encontre de tout le monde, monter au créneau pour un ordre, se rebeller contre sa situation… Emmy, c’est une battante, malgré sa faiblesse mentale sur les derniers mois de sa vie, ses cauchemars récurrents qui la rendent de plus en plus fragile. Emmy, c’est le petit bout de vie qui nous éclaire par son honnêteté, sa franchise et ses choix, compréhensibles et justifiés. Emmy c’est un tout, avec ses qualités et ses défauts, qui nous fait apprécier le livre.

S’il y a bien une chose que j’apprécie dans de nombreux thrillers que j’ai l’occasion de lire, que j’ai lu et que je voudrais lire encore, c’est bien cette alternance de point de vue entre l’enquête, avec le personnage principal et le point de vue de l’assassin, du tueur ou de la personne responsable de tout. Je trouve ça toujours jouissif comment tout est calculé, comment tout nous est fourni dans le livre pour nous balader, nous faire chavirer, raisonner en même temps que le héros. Ça n’a pas été chose simple dans ce livre, j’ai toujours eu des doutes sur l’identité et elle s’est confirmé 80 pages avant la fin du livre. Mais qu’importe, j’avais l’identité mais ni les raisons ni les motivations du tueur. Et ça a été un plaisir ardent de tout découvrir. D’ailleurs, à la relecture de certains chapitres plus tôt dans le livre, sachant l’identité du tueur, on se rend compte que certains points déjà étaient douteux et que tout ceci est très bien élaboré !

Les « confessions de Graham », comme se nomment ces chapitres, au nombre de 22, apparentés au tueur, sont géniaux. D’entrée de jeu, le tueur se présente, étale des faits sur sa vie et nous dit qu’il existe deux mensonges dans ce qu’il vient de dire. D’emblée, nous doutons. Le seconde fois, pour le second enregistrement, il séquestre une victime et continue de nous parler de lui. Plus tard, il nous révèle que c’est un excellent menteur, tout en discourant sur le mensonge en société, que l’on aperçoit partout. Bref, ces chapitres m’ont captivés car ils révèlent une psychologie rare et poussée, et nous confronte au plus près d’un psychopathe génial, tant dans sa conception que dans ses agissements. Moi, en tout cas, il m’a beaucoup plu et ça a été une explosion de saveur de le suivre dans son périple.

Dans Invisible. Emmy souhaite l’ouverture de cette enquête depuis la mort de sa sœur. Elle est persuadé qu’elle a été tué. Passée dans les journaux où le journaliste la fait passer pour une folle hystérique, Emmy n’a en théorie pas le droit d’enquêter sur la mort de sa sœur, car un lien familial existe. La santé mentale de la personne ainsi que son intégrité, sa bonne foi et son objectivité pourraient être de mauvaises choses. Plusieurs fois, sa présence est remise en cause et elle ira même jusqu’à perdre sa place au sein du bureau.

L’enquête en elle-même poursuit une trajectoire réaliste. Les premières recherches n’aboutissent à rien, le tueur est prudent et ne laisse rien sur les lieux des meurtres. Les victimes périssent très vite et il est difficile d’autopsier correctement le corps, malgré l’arrivée souvent rapide des pompiers. Le tueur répète le même mode opératoire pour chacun de ces crimes et Emmy met le doigt dessus, cherchant elle-même des similitudes avec d’autres cas d’incendies. Son ancien petit-ami, Harry Bookman, surnommé Books pour son nouvel emploi de libraire, est utile, sincère et juste. J’ai beaucoup aimé son personnage. De même pour Sophie, une jeune recrue, et les autres éléments du FBI qui sont mis sur l’enquête.

Très vite, les recherches s’intensifient et les emmènent sur des pistes diverses, qui auront des issues plus ou moins favorables. Quoi qu’il en soit, chacune d’entre elles auront des réponses et peu à peu, le contour se fait plus net et au delà des cendres, la fumée se dissipe. Il ne nous reste plus qu’à découvrir, au sein d’un final asphyxiant, l’ensemble que nous a proposé l’auteur.

Pour conclure

Invisible a été une excellente lecture, un coup de cœur attendu au vu de résumé, qui s’est vite confirmé à la lecture du livre, dans une histoire entraînante, crédible et flamboyante. Le brasier qui est en vous ne demande qu’à s’allumer.

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