Cinéma

Dans la brume de Daniel Roby

Bonjour à toutes et à tous,

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler d’un long métrage Franco-Canadien ambitieux (sur le papier) réalisé par Daniel Roby, à savoir Dans la brume. Cela fait quelques mois que les premières images sont apparues et elles sont arrivées de nulle part. Véritable ovni dans le paysage français, Dans la brume m’avait marqué en proposant quelque chose de neuf et de grandiose… Il ne m’en fallait pas plus, j’étais déjà appâté.
Inutile donc de vous dire que j’en attendais quand même beaucoup.
Au final Dans la brume a t-il tenu ses promesses ? Ah bah, pas vraiment en fait, mais je vais vous dire pourquoi.

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Synopsis :

Le jour où une étrange brume mortelle submerge Paris, des survivants trouvent refuge dans les derniers étages des immeubles et sur les toits de la capitale. Sans informations, sans électricité, sans eau ni nourriture, une petite famille tente de survivre à cette catastrophe… Mais les heures passent et un constat s’impose : les secours ne viendront pas et il faudra, pour espérer s’en sortir, tenter sa chance dans la brume…

De bonnes idées, mais…

Je voudrais commencer cet article en félicitant cette prise de risque, car Dans la brume est typiquement un petit Ovni dans le paysage culturel français. En effet, le long métrage se veut à la frontière entre le film catastrophe, la SF et le drame intimiste (on est en France, il ne faut pas déconner sur le drame…). Ce mélange est là également pour intéresser le plus de monde possible.
Les premières minutes du film permettent de mettre en place le contexte général, ainsi que l’histoire de cette petite famille dont la fille est atteinte d’une maladie orpheline l’obligeant à vivre dans une bulle, car elle ne peut pas respirer à l’extérieur. Je vous laisse imaginer le problème que va engendrer l’arrivée de la brume par la suite, car tout va être centré autour de la survie de cette enfant. C’est cette constatation qui est le plus gros soucis du film pour moi..

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Malgré une bonne idée de base, le réalisateur n’arrive pas vraiment à exploiter convenablement sa brume. Alors, peut-être que celle-ci est métaphorique et qu’elle n’apporte pas réellement de danger, mais on aurait quand même pu espérer vivre des choses plus intenses ou entendre des sons inquiétants. D’ailleurs, l’arrivée de la brume dans Paris est très bien réalisée et nous avons vraiment l’impression d’être dans un gros film catastrophe. Mais au final, les actions se répètent et ne servent pas à grand-choses, sauf peut-être à nous montrer de belles incohérences.
La réalisation réussit tout de même à nous faire ressentir des pointes de stress et d’inquiétudes, notamment quand nos protagonistes sortent dans la brume avec des masques à oxygène et que ceux-ci se vident petit à petit. On en vient à retenir notre respiration avec les personnages, mais tout s’interrompt une fois qu’ils sont dans leur cachette. L’ambiance « anxiogène » de la brume se retire pour laisser place à un drame intimiste classique où aucun danger immédiat ne rôde. Je n’ai rien contre ces différents passages, bien au contraire. Ils apportent une certaine profondeur et des questionnements à propos de cette brume et de la vie que l’on mène. Les dialogues sont tout de même assez inégaux et nous plongeons quelques fois dans la caricature du drame à la française.

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Bon, même si je critique ce film, je tiens à dire que les effets numériques sont plutôt réussis, notamment pour la brume recouvrant Paris. Celle-ci est bien opaque et apporte une couleur assez brune une fois que l’on se retrouve à l’intérieur. La mise en scène est parfois classique, mais le réalisateur apporte tout de même quelques plans zénithaux très jolies et je ne vous parle même pas de la vue de Paris depuis les toits…
Pour ce qui est des acteurs, je n’ai pas grand chose à en dire. Le casting est très bon, Romain Duris se démarque assez facilement (je ne suis pas objectif avec cet acteur). Son personnage est un optimiste, mais il se verra contraint à faire des choses dont il n’est pas habitué afin de survivre et de sauver sa famille.
Même si le scénario est assez convenu, nous avons quand même quelques moments de fulgurance, notamment avec ce qui va arriver à un des personnages. En y regardant de plus près, Dans la brume m’a donné l’impression d’être le pilote d’une nouvelle série TV et ce n’est pas anodin, puisque les scénaristes ont travaillé pour les séries de Canal +. Ce serait d’ailleurs intéressant de transposer cette idée sous ce format, car je pense que l’on pourrait en dire beaucoup plus…

Alors, en soi Dans la brume n’est pas un mauvais film. Je vous encourage même à aller le voir, ne serait ce que pour aider ce genre de cinéma à prospérer. C’est rare de voir un film catastrophe de cette envergure, mais j’en attendais probablement autre chose. Peut-être que j’aurais voulu quelque chose de plus fantastique avec des bruits inconnus dans la brume (Silent Hill), ainsi que des relations humaines plus poussées pour créer des tensions supplémentaires (The mist de Stephen King), voire quelque chose de plus métaphorique au final. Dans la brume est, peut-être, trop sage à mon goût dans son approche.

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