William de Mason Coile : huis clos angoissant au programme

S’il y a bien un sujet que l’on va voir se développer dans les prochaines années dans la littérature, c’est bien celui de l’intelligence artificielle. Il faut dire que cette technologie est entrée dans nos vies depuis un petit moment déjà, mais qu’elle s’améliore de jour en jour, si bien que ça en devient effrayant. C’est avec ce constat que j’ai jeté mon dévolu sur le roman William de Mason Coile paru aux Éditions Le Cherche Midi

La 4eme de couverture

Il est déjà trop tard…

Henry, brillant ingénieur, est parvenu à créer une intelligence artificielle plus développée qu’aucune autre, qu’il a nommée W1LL1AM. Il passe la plupart de ses journées dans le grenier de sa superbe maison à travailler sur ce projet. Tout irait pour le mieux s’il ne sentait pas que W1LL1AM prenait ces derniers temps une autonomie inquiétante. Il remarque en effet que la machine nourrit quelques ressentiments envers le genre humain. Plus troublant encore, W1LL1AM semble développer une fixation sur Lily, la femme de Henry. Faut-il le débrancher avant qu’il ne soit trop tard ?
Sauf qu’il est déjà trop tard… Lorsqu’un couple d’amis vient rendre visite à Lily et Henry, W1LL1AM prend le contrôle de la maison ultra-connectée. Et l’enfer commence.
Mason Coile nous offre ici un thriller hautement addictif, au suspense de tous les instants, se concluant par un retournement d’anthologie. À la façon de la série Black Mirror , l’auteur aborde certaines problématiques diablement contemporaines, en particulier sur les rapports entre l’humain et la machine, qui ne laisseront personne indifférent.

William : huis clos angoissant au programme

William de Mason Coile est le genre de roman qui emprisonne son lecteur dès les premières pages avec un procédé bien particulier. Celui de nous immerger directement dans une histoire qui a déjà débuté depuis de nombreuses semaines. Cette idée géniale permet au romancier d’instaurer dès les premières lignes une tension permanente et une atmosphère lourde. On découvre ainsi un couple dans la tourmente. D’un côté, il y a Henry qui voudrait son mariage et de l’autre Lily, qui paraît froide, distante et qui se dérobe à lui à chaque moment. Avec ce début, on comprend très vite que Mason Coile va nous parler du couple dans ce roman. D’ailleurs, ce sont les premières questions que l’on se pose en découvrant ces personnages. Comment en sont-ils arrivés là, à quelques semaines de l’arrivée d’un nouveau-né ? 

On comprend également très vite qu’Henry souffre de phobie sociale et d’agoraphobie et que tout ça à fortement perturbé l’équilibre des choses et du couple en question. Un contexte parfait pour nous enfermer dans un huis clos démoniaque avec William. En effet, Henry s’est transformé peu à peu en savant fou, préparant une invention dans son grenier, loin de tous les regards. Une invention qui dépasse tout ce que l’on aurait pu imaginer, un être fait de câbles et de circuit qui va prendre vie sous nos yeux. Un mélange inquiétant entre le monstre de Frankenstein et les lois de la robotique d’Asimov. Puisque William va chercher à s’émanciper de son créateur, à jouer avec les occupants de cette maison ultra-connectée et à pervertir le système. 

William de Mason Coile est un court roman qui joue aussi bien avec les codes du thriller psychologique, du huis clos paranoïaque et avec le roman d’épouvante. La tension est constante, le danger est partout, les secrets vont être dévoilés petit à petit et l’IA malveillante de William va se retrouver dans chaque pièce de cette maison du futur. Le piège se referme sur les personnages, mais également sur le lecteur qui vont devoir subir la folie destructrice de cette création. 

Ce roman court, qui se dévore à grande vitesse, joue sur les apparences, mais avant tout sur les clichés du genre. On retrouve au centre de cette histoire un personnage qui s’est cru pour Dieu et qui voit sa création pervertie par un, je ne sais quoi, d’autres personnages qui tombent dans chaque piège, tesl des personnages de film d’horreur. On sait que le danger va se trouver dans la seule pièce ouverte, mais on prend tout de même un malin plaisir à voir les conséquences que cela aura pour la suite. 

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William est le genre de roman multiple qui n’est pas dénué d’humour noir. En effet, on retrouve deux autres personnages robotiques au design inquiétant qui vont venir jouer les troubles faites et surtout accentuer cette sensation de malaise qui ne nous quittera pas une seule seconde. On retrouve aussi le personnage de William qui s’immisce dans la vie privée de son créateur, qui semble en savoir plus qui laisse entendre et qui le taquine sans cesse. C’est drôle, mais ça devient surtout dérangeant au fur à mesure que l’histoire avance. Cette intelligence artificielle pervertie joue avec ses proies comme pourraient le faire Freddy Krueger ou encore Chucky…

Mais la force et ce qui fait la différence avec William de Mason Coile réside dans la réflexion et dans le traitement autour de la question de l’intelligence artificielle. Un sujet que l’on va voir fleurir de plus en plus dans le paysage littéraire, tant la thématique est source de débat dans tous les corps de métier. Des questionnements qui n’est pas sans rappeler, comme je l’ai indiqué plus tôt, ceux de Frankenstein de Mary Shelley ou encore dans les romans d’Isaac Asimov. Est-on réellement maître de notre création ? En a-t-on vraiment le contrôle, surtout quand cette IA se nourrit seule ? Peut-on parler d’âme ou de libre-arbitre dans une situation comme celle-ci ? Bref, William questionne son lecteur jusqu’à la toute dernière ligne, d’autant plus que le romancier nous offre un dernier retournement de situation qui rabat toutes les cartes de cette histoire. 

En bref, William de Mason Coile est un roman court particulièrement efficace

Vous l’aurez compris, j’ai passé un bon moment de lecture avec William de Mason Coile. Entre frissons et réflexion sur l’IA, ainsi que sur notre monde ultra-connecté. Le romancier nous offre ici un récit court, qui repose sur une tension constante et sur un antagoniste qui semble avoir toujours un coup d’avance. Un roman parfait pour se faire un peu peur avec les nouvelles technologies. 

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Avatar de laplumedelulu laplumedelulu dit :

    L’IA, ça va rapidement m’agacer dans la vie de tous les jours. Si en plus le gars, il est dépassé… 😂. Chronique attirante, ma whislist fait la tête. Merci à toi pour le partage 🙏 😘

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