Le garçon éternel de Jérôme Loubry : simple, mais plaisant

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Il arrive parfois qu’un auteur ait pu nous impressionner avec un roman, mais sans réitérer l’exploit avec ces autres romans. Sans être totalement déçu à chaque fois, l’étincelle n’est jamais revenue. Pourtant, j’y retourne à chaque fois, dans l’espoir de retrouver cette sensation. C’est ce qu’il m’arrive à chaque sortie d’un roman de Jérôme Loubry. Alors est-ce que le coup de cœur est de retour avec Le garçon éternel publié aux Éditions Calmann-Lévy ? Vous le saurez en découvrant ma modeste chronique. 

La 4eme de couverture

Une forêt en pleine nuit recèle bien des mystères. Ces deux adolescents partis chercher le succès en filmant leur aventure vont y trouver l’inimaginable : un cadavre de femme, mains et pieds coupés…

Sur place, l’inspectrice Manon Rousseau comprend tout de suite que le tueur a mis en scène sa découverte comme un rituel. Bientôt, la rumeur du retour du « garçon éternel » – une légende locale – surgit, alimentée par les réseaux sociaux.

Parallèlement, Cédric, journaliste rongé par le départ de sa femme, accepte de retranscrire les mémoires d’un vieil homme. Au fil des enregistrements qui lui sont fournis, il plonge dans la vie d’une mère dévouée à son fils, à la fin des années 1950. Mais si ce qu’il entend est vrai, quel terrible secret est-il en train de mettre au jour ?

Du passé au présent, des clochettes funéraires aux eaux silencieuses du lac, les disparus et les vivants sont liés par un fil longtemps demeuré invisible…

Le garçon éternel : simple, mais plaisant

S’il y a bien une chose que l’on ne peut pas retirer à Jérôme Loubry en refermant ce roman, c’est que celui-ci sait comment s’y prendre pour nous intriguer et pour nous faire lire en apnée son œuvre. Avec Le garçon éternel, le romancier débute son récit par un homme indiquant la disparition de sa conjointe. Le discours semble déstructuré et l’on comprend très rapidement que la personne en question s’adresse directement à son psychiatre. Il suffit de deux petits chapitres pour que l’auteur ait toute notre attention et que l’on commence à vouloir percer ce mystère. 

Dès lors, les pages se tournent à une vitesse affolante. Jérôme Loubry nous invite à le suivre avec un rythme de croisière intense, grâce à des chapitres courts qui donnent toujours envie d’aller plus loin. Vous verrez, il ne vous faudra que quelques heures pour venir à bout de ce mystère. Tout est fait pour nous maintenir captifs de cette histoire. Il faut dire qu’avec Le garçon éternel, le romancier joue sur différentes thématiques qui donnent envie d’être creusées. Sans entrer dans les détails, histoire de ne rien vous divulguer, le roman s’articule autour de la notion de manipulation. Mais qui manipule qui ici ? Le principal suspect ? La folie ? Cette légende urbaine autour d’un enfant qui vivrait dans les bois, même après sa mort ? ou l’auteur lui-même qui s’amuse à nous balader ? 

Autour de cette dynamique et de ces différentes thématiques, il y a aussi et avant tout un duo de policier auquel on s’attache très rapidement. Deux personnages qui se connaissent depuis la plus tendre enfance, qui ont vécu un drame et qui se sont promis de veiller l’un sur l’autre. D’un côté, il y a Manon qui semble avoir vécu quelque chose dans son adolescence et qui essaie de vivre avec ce fardeau et sa phobie de l’eau. Et de l’autre, il y a Salim qui essaie de jongler entre ses enquêtes, sa famille et son passé qui refait surface. En bref, Le garçon éternel nous offre des personnages humains, magnifiquement caractérisés et que l’on veut suivre jusqu’au bout. 

Mais, car il y a un mais de mon côté, le roman de Jérôme Loubry ne m’a pas pleinement convaincu. Je dois dire que la thématique principale est passionnante à suivre, mais j’aurais espéré que le romancier l’exploite davantage, étire son récit pour nous prendre réellement dans ses filets et dans sa manipulation. Le problème avec Le garçon éternel est que le roman est resserré autour de quelques personnages et donc que nos suspicions se tournent très, trop, rapidement vers la bonne personne. Je dois bien admettre que je sors de ce roman en étant resté sur ma faim et que j’en aurai voulu encore un peu plus. Un peu plus de tension, de jeu entre le lecteur et le suspect, mais aussi entre le suspect et la police. J’aurais voulu que Jérôme Loubry nous perde dans ce dédale et dans la folie de certains de ses personnages.

En bref, Le garçon éternelde Jérôme Loubry est un roman policier plaisant

Vous l’aurez compris, je n’ai pas été pleinement convaincu par Le garçon éternel de Jérôme Loubry. Bien que le romancier nous embarque dans un véritable page-turner en termes de rythme et de narration, celui-ci n’a pas assez joué avec son lecteur pour le perdre, pour le faire douter et pour l’envoyer vers de mauvaises pistes. Pourtant, la thématique exploitée est très intéressante et aurait mérité d’être encore plus exploitée. Je ne boude pas mon plaisir pour autant et je suis sûr que le roman trouvera son public en librairie et durant les nombreux salons littéraires de l’année 2026.

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Avatar de laplumedelulu laplumedelulu dit :

    Il attendra le format poche, pour mettre avec ses petits frères. Merci à toi pour la chronique 🙏 😘

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