Cinéma

La Séance Culte : Orange Mécanique de Stanley Kubrick

Bonjour à toutes et à tous,

Après un premier numéro consacré au film Sid & Nancy d’Alex Cox, il est temps de revenir pour un deuxième numéro consacré à un génie du cinéma, à savoir Stanley Kubrick. Que l’on aime ou non, ce réalisateur et auteur a marqué l’histoire du cinéma à tout jamais…
Avant de plonger dans le monde inquiétant et perturbant d’Orange Mécanique, je vais revenir assez rapidement sur le but de cette rubrique. La séance Culte me permet de vous parler des films qui ont su me toucher et surtout qui ont su marquer ma jeune vie de cinéphile. Attention, ce n’est pas parce que vous n’avez pas vu ce film ou un autre que vous n’êtes pas un cinéphile. Vous aimez le cinéma ? Vous aimez regarder des films ? Alors, vous êtes un cinéphile !

 

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Esthétisme de la violence et conditionnement de l’esprit humain

Ce sera sans doute l’une des Séances Cultes les plus compliquées à écrire pour moi, tant ce film aura marqué à tout jamais mon esprit. Orange mécanique est le premier film de Stanley Kubrick que j’ai découvert en fouillant dans les DVD de mon grand frère et ce long métrage m’a marqué au fer rouge dès le premier visionnage. Impossible pour moi d’oublier le personnage d’Alex, notre narrateur et plus particulièrement cette scène de viol ou celle de son conditionnement psychologique…

Orange Mécanique est, sans aucun, doute le film le plus violent dans la filmographie de Stanley Kubrick. Il a d’ailleurs demandé à stopper la diffusion du film en Grande Bretagne deux ans après sa sortie et Orange Mécanique n’est ressorti que bien après, c’est-à-dire en 1999, l’année du décès de ce réalisateur de génie.
Sortie en 1971, Orange Mécanique est une adaptation du roman L’Orange Mécanique de Anthony Burgess. L’histoire se situe dans un futur proche où le gouvernement semble castrer ses citoyens, sans pour autant en assurer leur protection. Je ne pourrais pas vous en dire plus sur le contexte social, puisque le réalisateur nous laisse dans le flou. Nous allons suivre Alex et sa troupe de droogies qui semblent avoir un attrait pour l’ultraviolence, le sexe et le Moloko Plus (boisson à base de lait et de Speed).

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Ce qui est sûr, c’est que nous avons le droit à un film d’une grande intelligence et d’une grande réflexion sur la violence. On a longtemps reproché à Stanley Kubrick d’esthétiser la violence, afin de la rendre plus séduisante (on fait d’ailleurs généralement la même critique au cinéma de Tarantino). Cependant, la réalité est bien plus intelligente que cela puisque Stanley Kubrick offre une histoire d’une symétrie parfaite, à l’image de ses plans. Avec cette histoire, le réalisateur oppose la violence des jeunes à la répression de l’Etat. Orange Mécanique joue sur notre morale et nous montre que toute violence est condamnable, que ce soit celle des jeunes envers leurs victimes ou celle d’un Etat sécuritaire.
Ici, la société devient encore plus amorale que notre narrateur et héros, Alex, bien que le personnage soit déjà bien horrible. Alors que celui-ci représente l’être humain à l’état brut, celui qui n’est pas conditionné pour vivre en société, les autres citoyens représentent les êtres castrés et brisés par le système. Stanley Kubrick offre une vision horrible de l’Homme moderne, un être à genoux devant un pouvoir qui le contrôle.  

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Orange Mécanique ne nous donne aucun idéalisme dans son déroulé, puisque le système semble ne pas pouvoir assurer la protection des citoyens. Les policiers sont d’anciens délinquants, les agents des services sociaux sont mauvais et aigris, tandis que les personnes détenant les pouvoirs fricotent avec la vermine dans les bars… La haute autorité, représentant la droite ultra-conservatrice, se trouve au même niveau que la gauche bien pensante, représentée ici par le personnage de l’écrivain. Ce personnage basculant dans une vengeance froide et profitant du système pour l’assouvir.
Orange Mécanique va nous montrer à quel point la société est prête à broyer et à conditionner un Homme afin de le transformer en une personne mécanique dans le simple but de maintenir une paix sociale. Je vous assure que la scène la plus marquante, selon moi, reste celle où Alex est contraint de regarder en continu des scènes violentes pour apporter une aversion pour la violence. Le regard de Malcom Mcdowell et ses cris, à la limite de l’agonie, me hante encore aujourd’hui.
D’ailleurs, parlons-en de Malcom Mcdowell puisqu’il tient, selon moi, le film à lui tout seul. Il est à la fois charmeur, calculateur et horrible. Malcom Mcdowell a su le rendre inoubliable, notamment en travaillant sur son regard, il nous donne d’ailleurs l’impression de nous sonder et de nous inviter dans cette ultraviolence.


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Une fois de plus Stanley Kubrick offre un film d’une qualité grandiose et d’une expérimentation incroyable. Le réalisateur va implanter dans son long métrage quelques scènes subliminales, tout en effectuant de nombreux cut pour nous offrir un effet reflétant la folie, mais aussi la gêne que l’on va ressentir. Tout, dans ce long métrage, est esthétique et réfléchi. Chaque scène nous renvoi à une thématique et à des idées et c’est ce qui fait la force du film. Ces différents aspects et expérimentations confèrent une esthétique très psychédélique, troublante et perturbante, reflétant ainsi parfaitement l’état d’esprit du personnage principal.
L’expérimentation ne s’arrête pas là, puisque le réalisateur va conférer une importance à la musique. Stanley Kubrick fait le choix d’utiliser les morceaux classiques du grand Ludwig Van Beethoven et fait appel à  Wendy Carlos pour les modifier à l’aide de synthétiseur. Cet aspect renforce le côté troublant de l’ensemble, mais aussi l’état psychologique d’Alex. Je pense que jamais une musique ne m’aura autant marqué que celle-ci, hormis l’oeuvre complète de John Carpenter.

 

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Ce deuxième numéro de La Séance Culte touche à sa fin et j’espère qu’il vous aura plu. N’hésitez pas à venir me dire si vous l’avez vu ou non, mais aussi à venir m’en parler dans les commentaires. En tout cas, j’espère avoir réussi à vous partager mon amour pour ce film, même si je sais que Stanley Kubrick ne fait pas l’unanimité parmi les cinéphiles.
Les épisodes trois et quatre sont déjà en préparation et j’ai très hâte de vous en parler, alors on se dit à dans un mois pour voir ou revoir un film culte !

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