Littérature

Sur un arbre perché de Gérard Saryan : un thriller qui en fait parfois trop

La disparition d’enfant est un thème qui revient souvent dans la littérature noire, si bien que l’on a l’impression d’en avoir fait le tour. Pourtant, certains auteurs comme Gérard Saryan se lance dans l’aventure en nous offrant Sur un arbre perché publié aux Éditions Taurnada. Ce thriller disponible depuis le 19 janvier 2023 en librairie est aussi efficace qu’il en fait parfois trop. Retour sur un rouleau compresseur qui ne vous laissera pas indifférent. 

La 4eme de couverture

Une seule seconde d’inattention et la vie d’Alice bascule : Dimitri, 4 ans, le fils de son compagnon, échappe à sa vigilance.

En panique, la jeune femme part à sa recherche, mais elle est victime d’un grave accident. À son réveil, elle doit se rendre à l’évidence : l’enfant a été kidnappé.

Rejetée de tous et rongée par la culpabilité, la « belle-mère négligente » n’a désormais qu’une obsession : retrouver Dimitri, coûte que coûte. Ignorant alors tous les dangers…

Sans le soupçonner un instant, Alice va se précipiter au centre d’une toile tissée par la pire des trahisons.

Sur un arbre perché : un thriller qui en fait parfois trop

Si mon avis général sur ce roman de Gérard Saryan est au final mitigé, je peux tout de même admettre que le romancier dispose d’un certain talent pour nous plonger entièrement dans son récit. Rien, dans les premières pages, ne laisse deviner ce qui va se passer par la suite, puisque nous allons suivre une situation banale du quotidien. On se laisse porter par les événements, par le stress de cette jeune mère qui prend le train avec ses deux enfants et par l’insouciance de ces derniers. Puis, tout bascule en une fraction de seconde et Sur un arbre perché va nous immerger dans le pire cauchemar de chaque parent…
Dès lors, Gérard Saryan fait preuve d’une plume ingénieuse qui va fonctionner comme un véritable rouleau compresseur, tant on va être pris dans un tourbillon d’informations, d’événements plus ou moins graves et de personnages. Le romancier joue avec nous, nous emporte dans sa folie, dans son cauchemar, afin de nous offrir un rollercoaster ébouriffant. Impossible de reprendre son souffle dans cette histoire, tant on est pris dans cette machine infernale et dans la douleur d’une mère qui a tout perdu et qui va tout faire pour récupérer son enfant.

Qu’on se le dise, Sur un arbre perché se rapproche d’un style que l’on a pu voir dans certains thrillers du début des années 2000 au cinéma, voire de ce que le romancier Harlan Coben pouvait faire à ses débuts. En effet, on retrouve dans ce roman la figure de la personne lambda qui voit sa vie basculer du jour au lendemain et qui l’oblige à faire des choses dont elle ne savait pas capable.
Seulement, il existe une différence de taille entre les deux écrivains, puisque Gérard Saryan fera tout pour nous perdre dans un dédale de détails qui auront chacun une importance pour comprendre toute la mécanique de cet enlèvement. Le romancier nous brouille le cerveau, joue avec son rythme pour induire en erreur, pour nous faire vivre de l’intérieur cette descente en enfer. 

Super maman

On le sait, c’est prouvé, une personne peut avoir une montée d’adrénaline pour sauver une personne de sous une énorme branche d’arbre ou d’une roche, mais dans ce roman le personnage d’Alice doit se sustenter dans une toute nouvelle drogue. C’est sans doute dans ce constat que le romancier peut en perdre quelques-uns en route et moi le premier, tant la suspension d’incrédulité est mise à rude épreuve…
Le personnage d’Alice prend ainsi quasiment toute la place dans ce roman et va se mettre de nombreuses fois en danger pour essayer de comprendre la vérité et pour retrouver son enfant. Elle dépasse totalement le cadre de la loi, si bien qu’elle va finir par se battre aux côtés d’autres personnes dans un endroit particulier, transformant ainsi Sur un arbre perché en un véritable film d’action. Difficile donc de réellement croire et prendre part à cette surenchère d’événements, d’autant plus avec ce genre de retournement “final”.

Ce n’est pas non plus la multiplication des protagonistes et antagonistes qui vont aider à y voir plus clair, bien que les raisons de la disparition peuvent paraître évidentes lorsque l’on a été attentif. Gérard Saryan semble vouloir en faire trop pour nous perdre et dans un sens cela fonctionne parfaitement, parce que l’on peut avoir cette sensation de lire dans le vide, de ne plus prendre part à cette “enquête” jusqu’au point final. Il faut dire que l’intrigue part un peu dans tous les sens avec de la trahison, des gitans, un tueur en série et j’en passe.
Alors oui, le tout est extrêmement bien maîtrisé par le romancier, mais cette sensation d’avoir été gavé passe moyennement de mon côté. 

En bref, Sur un arbre perché de Gérard Saryan est un thriller maîtrisé, mais qui en fait parfois beaucoup trop. 

On ne peut pas dire que je repars avec un véritable flop, au contraire. Le romancier a su offrir un roman bien écrit, à la plume tranchante et qui finit par se transformer en un rouleau compresseur. Cependant, je dois bien admettre que j’aurai aimé un peu plus de subtilité dans les événements et des situations moins abracadabrantesques, ce qui m’aurait permis de réellement plonger dans le cauchemar de cette jeune femme. 


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2 réponses »

  1. Peut être que l’on devient plus demandeurs en lectures avec tous les thrillers qu’on lit. C’est dommage, ça partait bien pourtant. Merci à toi pour la chronique 🤗😘 ou alors. On est des psychopathes qui s’ignorent 😂

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