Littérature

Les sept châtiments de Jordi Llobregat : un thriller bien trop classique à mon goût

Plus je lis de thrillers et/ou de romans noirs, plus je deviens difficile, c’est un fait. Je suis dans la recherche perpétuelle du roman qui va me casser la gueule, qui va réveiller des angoisses chez moi, afin de mieux les combattre par la suite. 

Je n’avais pas cette attente en me lançant dans Les sept châtiments de Jordi Llobregat paru aux Éditions Cherche-midi, mais le constat est là : ce thriller est bien trop classique à mon goût. 

La 4eme de couverture

Dans une petite station de ski des Pyrénées, située à la frontière de l’Espagne et de la France, un homme est retrouvé mort au fond des eaux glacées d’une piscine. Il est menotté et ses paupières sont cousues. Alex Serra, inspectrice aux homicides de la police de Barcelone, est envoyée sur place pour mener l’enquête aux côtés de Jean Cassel, un lieutenant de police français. Les investigations prennent un tour imprévu lorsqu’un lien est établi entre la victime et une grande famille de la région, propriétaire des terres de la vallée, dont l’héritière vit recluse dans un manoir isolé. C’est en effet dans l’histoire tourmentée du village, lieu de passage des fugitifs pendant la Seconde Guerre mondiale, que semble se trouver la clé de l’affaire. D’une ancienne colonie industrielle perdue dans la montagne jusqu’à un mystérieux monastère, Alex et Jean vont devoir réveiller bien des vieux fantômes pour découvrir la vérité. Et le temps leur est compté : alors qu’une tempête sans précédent s’abat sur la région, la liste des victimes ne cesse de s’allonger.

Les sept châtiments : un thriller bien trop classique à mon goût

Autant être honnête tout de suite avec vous, Les sept châtiments de Jordi Llobregat m’a autant séduit qu’il ne m’a déçu. En effet, on ne peut pas dire que le roman fasse preuve d’une inventivité folle dans sa structure et dans les codes qu’il utilise. Le romancier semble essayer de prouver qu’il est possible de rendre la parfaite copie, alors que l’on a pris tous les ingrédients vus et revus. C’est ainsi que l’on va retrouver une enquêtrice qui survit après un traumatisme et qui est lancée dans cette enquête de la dernière chance, celle-ci est mise dans une équipe qu’elle ne voulait pas, parce qu’elle préfère se la jouer en solo. On a également le tueur en série qui sème la mort dans une station de ski reculée et une exploitation de la grande Histoire pour tenter de brouiller les pistes et de nous donner une explication à tout cet ensemble. Alors, oui, le pari est tenu. Jordi Llobregat fait preuve d’un certain talent pour nous offrir un roman sans véritable fausse note, mais sans véritable saveur non plus. 

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Parce que le gros point noir, pour moi, de ce roman vient du fait que l’on a l’impression d’avoir déjà trop eu cette histoire entre les mains et que l’auteur ne semble pas vouloir se démarquer des autres. C’est dans un style trop scolaire que l’auteur nous invite à suivre cette enquête sans réelle surprise malheureusement, malgré quelques coups d’éclats. Si l’ennui s’est fait ressentir à de nombreuses reprises, je dois bien admettre qu’il y avait quelques pistes qui me donnaient l’eau à la bouche. C’est le cas, par exemple, de l’inspiration de la Divine comédie de Dante dans les mises à mort qui pouvait amener à d’incroyables scènes graphiques ou encore l’idée de cette jeune femme atteinte d’une maladie rare vivant reclue dans son grand manoir, permettant alors d’entrer dans un registre gothique des plus existants. Sauf que Jordi Llobregat n’en fait rien de plus et me laisse un drôle de souvenir en tête en misant sur le traumatisme de son héroïne principale. 

J’aurais très bien pu m’arrêter là avec Les sept châtiments, mais s’il y a bien une chose que je peux admettre, c’est que l’auteur sait y faire pour maintenir le lecteur en haleine en jouant la carte du passé que l’on découvre dans un journal intime d’une jeune fille de confession juive qui tente de fuir les nazis en passant par les Pyrénées. Jordi Llobregat fait preuve ici d’un travail incroyable sur une partie de l’Histoire espagnole que l’on ne soupçonnait pas. C’est dans ce récit que réside finalement toute la force du romancier, tant on est pris à la gorge dans cette histoire qui semble d’une noirceur incroyable. Avec ces quelques pages, l’auteur nous donne littéralement l’impression d’y être, de ressentir la peur de la traque, la peur des inconnus que l’on croise, l’inquiétude une fois arrivée dans cette colonie. Pour le reste, je vous laisse découvrir la suite des événements, mais je mets ma main à couper que vous allez avoir envie de vous documenter sur cette histoire et sur cette folie humaine. 


Si je n’ai pas été tendre avec Les sept châtiments de Jordi Llobregat, ce n’est pas pour autant que je vous déconseille sa lecture. Cet avis ne reflète que mon jugement personnel et mes attentes qui n’ont pas été comblées. Je suis certain que le roman saura trouver son public et si vous êtes un amateur de thriller et de passé historique, celui-ci est fait pour vous. D’ailleurs, le romancier a tout fait pour vous donner envie d’aller jusqu’au bout de cette enquête ! 


Roman lu dans le cadre du #Blacknovember organisé par Séverine de la chaîne Il est bien ce livre


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2 réponses »

  1. Moi je l’ai trouvé bien. Certes il y a quelques longueurs mais je l’ai trouvé addictif. Alors peut être parce que je lis moins de thrillers que toi et donc je suis plus facilement surpris.

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