Cinéma

[CRITIQUE] : Fear Street, partie 2 : 1978 de Leigh Janiak (2021)

La deuxième partie de la trilogie horrifique Fear Street est arrivée sur la plateforme Netflix pas plus tard qu’hier matin. Le défi était de taille, puisque celui-ci devait apporter plus de substances à l’origine de la malédiction de Shadyside, tout en gardant le cap du divertissement. Est-ce que Fear Street, partie 2 : 1978 de Leigh Janiak réussit son coup ? Pas vraiment…

Afin de trouver un moyen de sauver Samantha, possédée par la malédiction de Shadyside, Deena et Josh Johnson se rendent chez Cindy Berman, seule survivante du massacre du camp de vacances Nightwing en 1978.
Cindy décide de leurs raconter cette nuit durant laquelle les jeunes de Sunnyvale et Shadyside présent à Nightwing ont étés victimes d’horreurs issus du passés des deux villes.

Ce deuxième opus débute comme une suite directe de Fear Street : 1994, puisque nous retrouvons Deana et son jeune frère Josh toujours en proie à la malédiction de la sorcière Sarah Frier qui trouve refuge chez la mystérieuse madame Berman, qui s’avère être une des survivantes du massacre du camp Nightwing. Notons déjà que le choix de débuter ainsi pose quelques soucis en termes de cohérence, puisqu’il est difficilement concevable que deux personnes poursuivies par la mort puissent rester assises à écouter une vieille histoire durant 90 minutes… Cela étant dit, nous plongeons alors durant l’année 1978 pour en découvrir un peu plus sur cette histoire de malédiction et sur ce massacre.
Comme pour son précédent opus, Leigh Janiak ne lésine pas sur la bande-son, ainsi que sur la photographie, pour nous montrer que nous sommes bien dans les années 70. Vous ne passerez pas à côté de toutes les références à la saga Vendredi 13 et cela commence par le nom du camp, certains patronymes et c’est sans compter sur le “masque” du tueur principal. Si Fear Street, partie 2 : 1978 ressemble un peu moins à un pot-pourri du slasher que 1994, ce n’est pas toujours pas pour autant que celui-ci brille par sa réalisation et son innovation. Au contraire, la réalisatrice nous plonge une nouvelle fois dans un slasher générique à la sauce 70 avec un tueur qui semble être toujours là où le scénario a besoin qu’il soit, donnant alors l’impression que Leigh Janiak construit son film sur des rails bien droites. La seule chose que l’on ne peut pas lui reprocher, c’est cette tendance à ne pas craindre le gore, ni à s’en prendre aux enfants, bien que tout cela se passe à 95% en hors-champs.

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« À Shadyside, le passé n’est jamais vraiment passé »

Fear Street : 1978 s’enlise dans un rythme qui ne lui va pas et qui finit par nous endormir. Si la promesse d’un slasher ludique et divertissant était présente, Leigh Janiak détruit nos espoirs avec ce long-métrage qui n’arrive pas à trouver son équilibre entre son côté slasher et celui sur la malédiction. Ne cherchez pas ce que vous avez pu avoir dans le premier opus, parce que vous serez déçu. Ici, vous aurez davantage de réponses à propos de la rivalité entre Shadyside et Sunnyvale, ainsi que sur la sorcière Sarah Frier, bien que tout cela sent le manichéisme à plein nez. En pur produit Netflix, cette deuxième partie ne réussit pas à trancher entre l’aspect sériel et le long-métrage, s’en suit alors des dialogues et des clefs qui ne semblent absolument pas naturel… Pour contrebalancer, on pourra cependant retenir l’aspect désabusé d’une jeunesse qui n’y croit plus et d’une violence qui revient de façon cyclique, à la manière du Mal existant dans l’oeuvre de Stephen King.
Bien évidemment, qui dit année 70, dit stéréotype dans certaines caractéristiques, puisque l’on va de nouveau retrouver la bimbo, l’intello, le sportif et les méchants drogués qui ne pensent qu’à s’amuser. Ce qui est un comble, puisque Fear Street, partie 2 : 1978 est finalement beaucoup moins fun, que ce soit pour le fan de slasher ou pour le reste. Heureusement, Sadie Sink (Stranger Things) et Emily Rudd apportent un vent de fraîcheur et de qualité ici en tant que Final Girl, dans ce torrent de personnages fonctions.
Je donne l’impression de bouder mon plaisir, mais au final je vois ce second opus comme un remplissage avant de découvrir sa troisième partie qui se déroulera en 1666. Difficile de savoir si la réalisation générique de Janiak soit au niveau pour se lancer dans le genre de la Folk Horror, mais le court teaser final semble donner le ton d’un final encore plus sombre, classant alors cette trilogie bien loin du teen-movie qu’était Fear Street : 1994. Rendez-vous donc la semaine prochaine pour en apprendre plus sur cette malédiction !

On oublie aisément l’effet de surprise de Fear Street, partie 1 : 1994 avec cette deuxième partie qui peine à convaincre. Leigh Janiak s’enlise dans un slasher générique n’arrivant pas à gérer entre son histoire et le fun que celui-ci aurait pu apporter. On gardera cependant en tête quelques passages gores, un duo d’actrice attachant et un envie d’en avoir bien plus dans son opus final. Ave Satanas.

Note : 2.5 sur 5.

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