Contemporain

Les somnambules de Chuck Wendig : pandémie et miroir de notre monde

Venez avec moi, je vous embarque pour une longue, très longue marche… Attention, vous n’êtes pas ici dans la version de Richard Bachman / Stephen King, mais bien dans celle de Chuck Wendig. Point de jeu, de mise à mort réglementée et de gagnant à la clef, mais tout simplement la survie de l’humanité.

Encore très peu connu en France, l’auteur prend le pari fou, en 2019, de nous offrir un roman fleuve de plus de 1160 pages sur une pandémie virale. Vous connaissez la suite, la Covid 19 fait son apparition quelques mois plus tard et offre au roman Les somnambules le pouvoir terrifiant de la quasi-prophétie. 

Véritable sensation de ce début d’année 2021, le roman de Chuck Wendig est disponible aux éditions Sonatine.

La 4eme de couverture

Dans un petit village de Pennsylvanie, Shana surprend sa sœur, Nessie, quittant d’un pas résolu leur maison. Lorsqu’elle tente de l’intercepter, la petite fille ne réagit pas à sa présence. Mutique, absente, le regard vide, elle avance… Croyant à une crise de somnambulisme, Shana commence à la suivre. Rapidement, elles sont rejointes par un deuxième errant, frappé des mêmes symptômes que Nessie. Puis un autre. Bientôt, ils sont des centaines à converger vers la même destination inconnue, tandis que leurs proches, impuissants, leur emboîtent le pas. Mais leur traversée du pays réveille la violence qui sommeillait au cœur de la société américaine. Et si certains sont terrorisés par la menace d’une épidémie mystérieuse, d’autres y voient l’opportunité d’imposer leur vision du monde, à n’importe quel prix.

Les somnambules : pandémie et miroir de notre monde

Qu’on se le dise, se lancer dans la lecture de ce roman est un pari sur le temps. Les Somnambules et ses 1164 pages est clairement le genre d’œuvre qui peut nous accompagner durant de longues semaines. Pourtant, je peux vous garantir que vous ne les verrez pas passer et que Chuck Wendig a bel et bien besoin de tout cela pour arriver jusqu’au bout de ses idées. Roman fleuve sur le papier, celui-ci s’avère être un véritable page-turner réglé comme un coucou suisse. L’auteur sait y faire et nous offre une véritable fresque qui se vit, qui se ressent et qui nous plonge page après page dans un monde terrifiant, dense, mais ô combien intéressant à suivre. Les chapitres s’enchaînent comme une bonne série TV qui nous entraîne dans une Amérique en crise, si bien que l’on aimerait avoir quelques centaines de pages en plus.

Il est indéniable que Chuck Wendig tape en plein dans le mille avec son histoire de pandémie, puisque nous avons l’impression de vivre cette expérience. Prophétique ou simple coïncidence ? Impossible à dire, tant le romancier a dû se documenter et se faire aider pour comprendre l’action de certains virus (naissance, propagation, endiguement, etc.)
Ici, c’est une vision plurielle qui nous est offerte dans Les somnambules, si bien que nous suivions plusieurs personnages impactés de différentes manières par cette pandémie. Cette multiplicité des points de vue apporte un rythme prenant, mais aussi une vision tantôt intimiste, scientifique, voire politique et sociale. Chuck Wendig joue avec ce côté pré-apocalypse pour nous parler de la peur de la population face à un danger inconnu, incontrôlable…

Cette marche ne sera pas de tout repos, car dans cette vision américaine de nombreuses idées vont se percuter pour nous montrer ce qu’est l’Amérique moderne. Un pays fragmenté, où les complotistes ont pris de l’envergure ces dernières années, où les suprémacistes n’essaient même plus de se cacher et où un opportuniste dangereux est à deux doigts de prendre la Maison Blanche… Quand je vous disais que Chuck Wendig tapait dans le mille avec son roman, ce n’est pas pour rien. Celui-ci nous montre qu’il suffit d’une occasion, d’une opportunité pour faire basculer un pays. 

S’il est question de la religion dans Les somnambules, nous sommes tout de même assez loin du combat entre le bien et le mal que nous offrait Stephen King dans Le Fléau. La filiation est là, mais elle s’arrête à sa thématique et à sa vision d’une Amérique en crise. Ici, la religion est toujours remise en question face à l’avancée technologique, mais aussi à la science. L’auteur nous offre une belle réflexion quant à ce sujet grâce au personnage de Matthew Bird qui est tiraillé par sa foi, mais aussi par Benjamin Ray qui doit jouer sur les deux tableaux pour faire avancer les choses. 

Diviser pour mieux régner ? Si les antagonistes jouent sur la peur de la population moyenne et sur le mensonge pour déstabiliser encore plus un pays, il ne faut pas oublier qu’il y a de l’espoir au sein du troupeau. On en oublierait presque la pandémie dans ces quelques moments, car Chuck Wendig nous offre des personnages palpables, aux relations intimes prenantes, intéressantes. Mais est-ce que tout cela est bien suffisant face à cette situation ? Croyez-moi, vous allez ressentir ce déchirement propre aux grandes œuvres quand vous allez refermer pour de bon Les Somnambules


Aussi dense, qu’intéressant et aussi terrifiant, que réaliste, Les somnambules s’avère être une véritable réussite en tout point. Il est indéniable que ce roman de Chuck Wendig figure parmi le TOP 10 de cette fin d’année, voire de la décennie… 

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